Élections 2020 au Burkina : les experts présentent les conclusions de l’audit du fichier électoral

 

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a procédé à la synthèse de l’audit du fichier électoral dans l’après-midi de ce mercredi 21 octobre 2020. En effet, dans le but d’organiser des élections libres et transparentes, la CENI a fait appel à une équipe de huit (08) experts pour élaborer l’audit.

Après une semaine de travail, l’équipe qui a été mise en place pour auditer le fichier électoral a présenté la conclusion de son analyse. Ces conclusions s’accompagnent de recommandations formulées à l’attention du gouvernement, du législateur et de la CENI.

Selon le chef de relation avec les experts, Cyril Kulenovic, l’audit présente des forces mais aussi des faiblesses. En termes de force, l’expert laisse entendre que « la révision exceptionnelle organisée par la CENI du 1er janvier au 17 juillet 2020 a permis à 2 377 601 personnes de s’enrôler. La CENI a garanti l’unicité de chaque électeur en procédant à un important dédoublonnage des enrôlements multiples avec 1 425 725 enregistrements identifiés et supprimés sur la totalité de la base de données de 2012 à 2020. Ces opérations ont permis de garantir le caractère inclusif du fichier électoral qui atteint aujourd’hui 6 490 926 électeurs (…) La complétude des données des électeurs présente un niveau qualitatif élevé, s’agissant notamment des collectes de données biométriques des électeurs. La CENI a fait preuve de transparence et de professionnalisme tout au long des opérations de révision des audits du fichier électoral, renforçant ainsi la confiance des parties prenantes… »

En ce qui concerne les faiblesses, le chef de relation avec les experts souligne qu’« il convient de citer que le cadre juridique burkinabè ne permet pas à la CENI de constituer son fichier électoral au travers des révisions annuelles et exceptionnelles sans pouvoir travailler sur des listes permanentes, notamment en s’appuyant sur un état-civil efficient et un système d’identification unique… » La nature du système de révision entraine deux faiblesses majeures. « L’accumulation non maitrisée des électeurs décédés, estimée aujourd’hui dans le fichier électoral entre 280 000 et 320 000 personnes… Le taux d’enrôlement situé autour de 63,2% de la population cible est particulièrement marqué par une sous-représentativité des jeunes et des femmes depuis 2014. La CENI n’est pas constitutionalisée, elle ne dispose donc pas d’un pouvoir règlementaire élargi. De ce fait, le cadre juridique présente son instabilité récurrente avec 12 modifications successives du code électoral depuis 2001 dont certaines sont intervenues après les opérations d’enrôlement des électeurs. La CENI n’a pas mis en place un système de conservation numérique des pièces présentées à l’appui de l’enrôlement des électeurs, ne facilitant pas la vérification ultérieure. », a soutenu Cyril Kulenovic.

Au titre des recommandations, le comité d’audit sur la base des constats et des résultats de ses analyses recommande entre autres, l’intégration dans le code électoral, la possibilité pour la CENI de conduire une refonte du fichier électoral ; Fixer une date limite de traitement de tous les contentieux relatifs à l’enrôlement des électeurs, au moins quelques jours avant la publication des listes définitives ; Envisager un enrôlement entre l’ONI et la CENI pour faciliter les démarches des électeurs ; Redynamiser la synergie qui existe entre la CENI, l’ONI et la direction générale de modernisation de l’état-civil.

Les conclusions de l’audit ont été présentées en présence des acteurs du monde politique burkinabè (majorité et opposition), de l’Union africaine (UA), de l’Organisation internationale de la francophonie… La majorité présidentielle et l’opposition politique ont pris la parole et ont donné leur avis sur la question. Cependant, l’opposition promet une conférence de presse où, dit leur représentant, « nous rentrerons plus en détail ».

Newton Ahmed Barry, président de la CENI a félicité l’équipe qui a mené le travail.

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