Gestion foncière au Burkina : La confédération paysanne dénonce la pagaille

 

Ce vendredi 16 juillet 2021, la Confédération paysanne du Faso a animé une conférence de presse au siège, à Ouagadougou. L’objectif de cette rencontre avec les hommes de médias, a été de discuter autour de l’accaparement des terres rurales et la sécurisation foncière au Burkina Faso à travers des recommandations.

La question foncière est devenue une préoccupation pour la Confédération paysanne du Faso. La crise sanitaire et la crise sécuritaire ont aggravé « les conditions de vie des exploitants agro-sylvo-pastoraux », a martelé Marc Gansonré, Secrétaire général du FEPAB et membre de la Confédération paysanne du Faso. Il a toutefois salué l’effort fourni par le gouvernement pour minimiser les risques, et la mise en place d’une stratégie de résilience pour venir en aide aux populations.

Pour monsieur Gansonré, « ce début de campagne agricole 2021/2022 est aussi marqué particulièrement par l’insécurité foncière grandissante des exploitations agro-sylvo-pastorales, aggravée par l’accaparement des terres rurales ». Il a ajouté que « si on n’y prend pas garde, ce phénomène pourrait saper tous nos efforts de développement en matière d’atteinte de la sécurité et de souveraineté alimentaire au Burkina Faso ». En 2006, un engagement a été pris lors de la journée nationale du Paysan à Manga, pour la sécurisation foncière en milieu rural. C’est ainsi qu’en 2007, une politique nationale de sécurisation foncière sera adoptée et traduite en loi le 16 juin 2009. La loi sur la sécurisation foncière a été adoptée mais n’est pas totalement mise en application. Cela dû à un inachèvement institutionnel. Le foncier représente un levier majeur de développement durable mais il rencontre, jusqu’à présent, d’énormes difficultés au Burkina Faso comme l’absence et la léthargie des institutions légales de gestion foncière, les pratiques antagonistes, l’urbanisation accélérée.

Accaparement des terres

Un accaparement des terres est constaté à travers des acquisitions foncières pour les promoteurs immobiliers, les agrobussinessmen ou les exploitants miniers. En effet, des milliers de terres sont accaparées au Burkina Faso. Les terres changent de destinataire au mépris de la loi et ne respectent pas la loi sur les collectivités territoriales qui stipule que la commune rurale doit comprendre un espace d’habitation, un espace de production et un espace de conservation. C’est pourquoi, Issouffou Porgo, secrétaire permanent/ CPF a affirmé que « le gouvernement reste responsable du désordre qu’il y a dans la gestion des terres rurales parce que les lois ne sont pas appliquées et certaines lois ont des dispositions antagonistes ». Cet accaparement crée des risques socio-économiques comme l’exclusion foncière source de conflits, les menaces sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la menace de la cohésion sociale et la paix. En plus, le projet « Grand Ouaga » est une menace pour les fonciers car ce projet occupera un rayon de 25km2 des terres agricoles qui seront transformées en des terrains urbains.

Partant de cette situation, « il faut sécuriser le foncier rural pour sa mise en valeur et non sécuriser la vente du foncier », a déclaré monsieur Gansonré. Les services fonciers ruraux ont été mis en place dans 267 communes mais à cause d’un manque d’encadrement des services de l’État, ils ont des difficultés à fonctionner. Aussi, le nombre d’attestations de possession du foncier rural délivré est peu par rapport à la demande soit 7000 attestations délivrées sur 25000 demandes. Alors que le Burkina Faso compte plus de 3 000 000 d’exploitations agricoles. Face à ces différentes contraintes, la confédération paysanne a ainsi lancé un appel au gouvernement « à accorder plus d’attention à la sécurisation foncière des exploitations familiales pour promouvoir les investissements, afin d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et améliorer les conditions de vie des populations ».

Par ailleurs, quelques recommandations ont été faites au cours de cette conférence. Il s’agit entre autres, de réaliser un audit foncier, d’appliquer l’article 218 du code général des collectivités territoriales, de mettre fin à la confusion et au chaos dans le domaine foncier, de mettre en œuvre un programme national de sécurisation foncière, de préserver le patrimoine foncier pour les générations futures.

Toutefois, la confédération a salué les efforts du gouvernement pour la réorganisation du secteur de la promotion immobilière et l’a invité à considérer les acteurs du monde rural dans les différentes faitières.

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