Showbiz : « Le public burkinabè n’est pas hypocrite » , dixit Mozes Manandja

 

Il est le manager d’un conteur, auteur compositeur et interprète. En 2008, son artiste a créé une compagnie de théâtre qui lui a permis de trouver un pont d’échanges entre l’Europe et le Burkina Faso. C’est à partir de 2010-2011 qu’il s’est installé en Suède. Virtuose des instruments traditionnels tels que le Kunde et la harpe suédoise, Mao Zibamba, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’inspire des différentes sonorités de son terroir et de la musique traditionnelle suédoise. En effet, son manager, Mozes Manandja a été reçu dans les locaux de Faso-Actu.net pour une interview. Il faut souligner que l’artiste est auteur d’un album de 11 titres, dénommé Lengue-Lengue.

Mozes Manandja: manageur de l’artiste Mao Zybamba

Faso-Actu (FA) : Veuillez-vous présenter à nos lecteurs.

Mozes Manandja (MM) : Je suis Tapsoba Moussa alias Mozes Manandja. Je suis le manager de l’artiste Mao Zibamba.

FA : Qui est Mao Zibamba ?

MM : D’abord, Mao Zibamba c’est Mohamed Ouédraogo à l’état-civil. Il est conteur, auteur compositeur et interprète. En 2008, il crée une compagnie de théâtre qui lui a permis de trouver un pont d’échanges entre l’Europe et le Burkina Faso. C’est à partir de 2010-2011 qu’il s’est installé en Suède. Virtuose des instruments traditionnels tels que le Kunde et la harpe suédoise, Mao s’inspire des différentes sonorités de son terroir et de la musique traditionnelle suédoise. Il est, depuis 2019, auteur d’un album de 11 titres, dénommé « Lengue-Lengue » .

l’artiste Mao Zybamba sur scène

En plus de sa casquette d’artiste, il est également un agent de santé et fait de l’entreprenariat social à travers l’association Gosnéré d’où il est le président d’honneur. Il faut dire que Mao est un agent de santé en Suède. Gosnéré soutient culturellement et socialement. Par exemple en 2012, Mao par Gosnéré, a fait un don de matériel au ministère de la santé. S’en est suivi d’autres activités comme le concours de conte qui a été organisé et ensuite perturbé par la Covid-19. Aussi, une équipe d’agents de santé a été mise en place par Gosnéré dans le but d’aider la zone rurale de Gonsin.

FA : Quels sont les thèmes défendus par l’artiste dans ses chansons ?

MM : C’est surtout l’amour, la paix et la solidarité entre les peuples.

FA : Quelle est votre actualité en tant que manager de l’artiste Mao Zibamba ?

MM : Actuellement, nous sommes en train de travailler dans le cadre de la promotion de l’album qui n’est pas trop connu par les Burkinabè.

FA : Étant dans cette promotion, quel est votre regard sur le showbiz burkinabè ?

MM : Je vais d’abord dire que nous avons du talent au Burkina Faso. Chacun trouve sa place et c’est aussi à chacun de nous d’apporter sa petite pierre pour que notre culture, notre showbiz puisse porter des fruits. Dans ce milieu, pour ma part, les gens ne sont pas fermés. Quand tu vas vers eux et qu’ils peuvent t’aider, ils t’aident.

FA : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

MM : Les premières difficultés sont celles liées à la finance. Il faut avoir un minimum d’argent avant de sortir un album et de pouvoir faire sa promotion. Je remercie ceux qui nous apportent leur soutien comme ils peuvent.

FA : Avez-vous des attentes vis-à-vis du ministère de la culture ?

MM : Le ministère de la culture fait beaucoup, mais nous demandons qu’il s’implique davantage parce qu’une nation ne peut pas se construire sans sa culture. Nous demandons à ce qu’il investisse pour l’émergence de la culture burkinabè. Je trouve que le combat de l’artiste Razben est un combat noble. Je l’appelle « incompris » car ses propos sont juste incompris. Je crois qu’il faut prendre des décisions fortes à ce que les gens consomment la musique burkinabè parce que nous avons le talent.

FA : Quel est le message que vous avez pour ce public qui n’aime pas écouter la musique burkinabè ?

MM : Les gens traitent le public burkinabè de compliqué. Moi, je dirai que c’est le meilleur public au monde parce qu’il n’est pas hypocrite. Quand c’est bon, c’est bon. Malheureusement, ceux qui devaient faire consommer la musique burkinabè ne jouent pas leur rôle. 60% de la musique jouée dans les maquis, les boîtes de nuit, est de la musique étrangère alors que nous savons que nous pouvons jouer de la musique burkinabè, non-stop, pendant 72 heures. Maintenant, c’est de demander à ces personnes de faire un effort dans ce sens. Nous ne sommes pas contre les autres musiques, mais nous devons privilégier celle burkinabè, que ça soit dans les télés et les radios.

FA : Des mesures de la pandémie à coronavirus sont levées, et la vie reprend peu à peu son cours. Comment, ça se passe à votre niveau ?

MM : La pandémie n’a pas été facile pour tout le monde, pas seulement pour les artistes. Et puisque c’est un phénomène naturel, nous ne pouvons que l’accepter. Maintenant la vie reprend son cours, les choses sont en train de rentrer dans l’ordre.

FA : Quel est votre mot de la fin ?

MM : Je dirai merci à tous ceux qui nous soutiennent de près ou de loin. Merci à tous ceux qui croient à l’artiste Mao Zibamba, au projet de Gosnéré. Merci à vous, hommes de médias, pour ce que vous faites pour la carrière de l’artiste. Merci à tous ceux qui travaillent à faire émerger la culture burkinabè.

Mao dans un journal suédois

1 Commentaire sur "Showbiz : « Le public burkinabè n’est pas hypocrite » , dixit Mozes Manandja"

  1. Bravo et bon vent à vous

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