Secteur minier : « le code minier du Burkina Faso doit être respecté » , selon la société civile

Les organisations de la société civile du secteur minier ont tenu ce vendredi à Ouagadougou, une conférence publique sur le fonds minier de développement local et la gouvernance du secteur minier au Burkina Faso. A cette occasion, l’analyse du fonds minier de développement local sur l’amélioration des conditions de vie des communautés des sites miniers, était au menu des échanges.

La conférence publique de la société civile du secteur minier, tenue ce vendredi 24 mai 2019 à Ouagadougou, a regroupé des présidents des conseils régionaux, des maires de communes et des représentants de différentes institutions. Face aux Hommes de Médias, les conférenciers du jour ont dénoncé le non respect du code minier burkinabè par les entreprises minières.

La Constitution du Burkina Faso de 1991, dispose en son article 14, que « les richesses et les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie » . C’est à cela que les organisations de la société civile du secteur minier ne ménagent aucun effort pour la lutte contre le non respect de la loi, portant code minier du Burkina Faso. Cette lutte a permis de réviser le code miner de 2003 pour l’adoption d’un nouveau code depuis le 26 juin 2015 (la loi N°036-2015/CNT) disposant que le code minier vise, entre autres, a encadrer le secteur minier et l’exploitation sécurisée des ressources minérales au service du développement économique et social durable au Burkina Faso.

Depuis l’adoption du nouveau code minier, selon la société civile, les compagnies minières se sont érigées en véritables États dans un État, tentant d’imposer par tous les moyens, leurs propres lois au peuple burkinabè en créant tous les obstacles possibles pour empêcher la mise en œuvre du nouveau code minier, qui a fait perdre des avantages colossaux que leur concédait le code de 2003.

Par analyse de la situation, la société civile a décidé de prendre ses responsabilité. Ainsi, à compter d’aujourd’hui, elle lance un mot d’ordre, en demandant aux populations sur les sites miniers de suspendre toute collaboration avec les sociétés minières, de quelque nature que ce soit, et de refuser leurs terres aux sociétés minières. Elle demande également aux populations dont les villages sont prévus pour être levés pour d’autres sites, de refuser tout déplacement. Elle invite, par ailleurs, les orpailleurs à suspendre toute collaboration avec les sociétés minières.

« Nous nous donnerons les moyens nécessaires pour qu’il en soit ainsi. Que ceux qui ont l’argent pour investir gardent leur argent, ceux qui ont les terres gardent leurs terres et le secteur minier sera ainsi bien gouverné » , a lancé Jonas HIEN, directeur des programmes de l’Organisation non gouvernementale (ONG) ORCADE (Organisation pour le renforcement des capacités de développement). Pour lui, le nouveau code minier de 2015 « a rencontré et rencontre toujours beaucoup d’obstacles dans sa mise en place » . Donc il s’agit aujourd’hui d’échanger sur la question à base d’un document d’analyse produit sur l’impact que ce fonds minier pourrait avoir sur la qualité des vies des populations, surtout celles qui vivent sur les sites miniers. A l’en croire, les conférenciers ont également saisi cette occasion pour faire une déclaration de la société civile sur la gouvernance du secteur et le comportement des sociétés minières au Burkina Faso, qui ne facilite pas la mise en place de ce fonds minier. « On les reproche de ne pas respecter les lois de notre pays. Le code minier, c’est une loi. Elle peut avoir des insuffisances, mais en attendant qu’on ait une autre loi qui corrige ces insuffisances-là, cette loi doit être respectée » , a-t-il soutenu.

Quant à Sawadogo Adama, président du Conseil régional du centre-nord à Kaya, il a tenu à donner sa voix au nom de l’ensemble des collectivités communes et régions qui vont bénéficier donc de ce fonds. « Nous sommes venus suivre une communication et la société civile a fait la démonstration que sur la base des textes validés par notre pays, en 2017 et 2018 les fonds que les mines devraient payer pour les collectivités sont importants, aussi bien pour les communes que pour les régions » , a-t-il laissé entendre et d’ajouter : « mais à ce jour, le recouvrement n’est pas satisfaisant. Donc, c’est ce travail qui a été fait et nous avons suivi avec intérêt » . Il a saisi l’occasion pour féliciter la société civile qui travaille à faire en sorte que les textes du pays soient respectés. Selon lui, si les montants démontrés sont vraiment mis à la disposition des communes et des régions, on assistera, non seulement, à un développement des collectivités, mais les populations en bénéficieront également.

 

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