Situation sécuritaire : APP/Burkindi « s’adresse directement au Président Kaboré »

 

Après analyse de la situation sécuritaire qui prévaut actuellement au Burkina Faso, le parti, l’Alternative Patriotique Panafricaine / Burkindi (APP/Burkindi) a tenu à exhorter le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré à la prise de décisions radicales, courageuses et diligentes dans la perspective de la libération nationale.

« En tant que premier garant de la sécurité et de l’intégrité territoriale, nous voudrions vous dire sans détour que la réponse exclusivement militaro-sécuritaire expérimentée depuis plus de 5 ans a montré toutes ses limites et que cette guerre contre le terrorisme ne sera pas gagnée par la seule voie des armes. » , peut-on lire dans cette lettre adressée au Chef de l’Etat.

 « A son Excellence Monsieur le Président du Faso, Chef de l’État, Chef suprême des Armées

Excellence Monsieur le Président,

A l’issue du deuil national pour rendre hommage à nos nombreux héroïques gendarmes tombés à Inata le ventre vide mais les armes à la main avec des victimes civiles, nous avons choisi de nous adresser directement à vous. Notre parti, l’Alternative Patriotique Panafricaine / Burkindi (APP/Burkindi), s’incline devant la mémoire de l’ensemble des victimes du terrorisme, présente ses condoléances aux familles éplorées et à l’ensemble de la Nation. Il souhaite prompt rétablissement aux blessés, invite les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), leurs supplétifs, les groupes d’auto-défense, les jeunes et tous les patriotes combattants à garder haut le moral et la détermination pour la défense de la Patrie.

Depuis maintenant six ans, notre pays est confronté à des attaques terroristes récurrentes, de plus en plus meurtrières, de plus en plus barbares. Malgré le courage et l’abnégation de nos FDS et de leurs supplétifs ces lâches attaques sèment le chaos. En effet, elles ont :

causé des milliers de morts civiles et militaires et provoqué à ce jour près de deux millions de personnes déplacées internes (PDI) qui affrontent dans le silence une misère indicible ;

-  vidé nombre de nos localités (Nord, Sahel , Est…) de leurs populations et imposé de fait une occupation d’une large partie de notre territoire ;

-  attisé des conflits communautaires et sapé le moral de nos populations au point de mettre à rude épreuve, la cohésion sociale, l’unité nationale et le leadership gouvernemental.

Le pays reste ainsi abonné aux deuils nationaux. Le peuple burkinabè est plongé dans le désarroi, la colère et doute de plus en plus de la capacité et de la volonté de votre « pouvoir » à le protéger. Vous ne semblez pas prendre la bonne mesure des conditions de vie et des malheurs du pays réel. En effet, nous avons été interloqués par les propos tenus récemment par vous-même face aux jeunes de votre parti le MPP, laissant entendre clairement que la situation n’était pas si alarmante que cela, que vos amis personnels faisaient des va-et-vient en toute sécurité entre Dori et Ouaga. Il est encore plus choquant et inadmissible que vous n’ayez pas su ou assumé l’horreur que vivaient nos martyrs d’Inata, affamés, non relevés, massacrés.

Votre discours à l’issue du dernier conseil des ministres sur le drame d’Inata est surréaliste. Bien que Chef de l’État et Chef suprême des Armées, vous rejetez la responsabilité des dysfonctionnements que vous énumérez sur les hommes qui sont sous votre commandement ! Vous êtes le Chef, mais ce sont les autres qui sont responsables lorsque surviennent des drames. Votre efficacité semble se limiter à des cérémonies de recueillement ponctuées de timides propos de circonstance, suivis de l’institution de deuils nationaux qui se banalisent désormais.

Occupé à organiser et contenter le plus large rassemblement de la majorité présidentielle que notre pays ait jamais connu, comptant en son sein ceux qui se prétendaient opposants il y a seulement quelques mois, vous n’avez pas su écouter la profonde douleur du peuple meurtri, des familles de nos victimes civiles et des FDS. C’est le Touk guili poussé à son paroxysme avec votre régime MPP et ses alliés. Souvenez-vous des faits graves suivants :

• Les graves dysfonctionnements pointés par l’Autorité Supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC) pour l’achat de matériels militaires : vous êtes resté silencieux et, à notre connaissance il n’y a pas eu de sanctions.

• L’affaire du charbon fin, véritable opération de vol de plus de 300 milliards CFA : votre gouvernement s’est fait le défenseur des présumés coupables.
• L’affaire des achats compulsifs de biens immobiliers par vos proches et les membres de votre gouvernement révélée par l’Observateur Paalga : silence radio de votre part.

• L’affaire du détournement de 7 tonnes d’or burkinabè (près de 244 milliards CFA) passées par le Togo et vendues en Suisse, récemment révélée par une ONG : aucune réaction de Kosyam ni du Gouvernement.

• L’affaire récente des surfacturations du Cabinet de la Présidence du Faso : « Akuna matata » selon votre slogan de la dernière campagne présidentielle.

A l’inverse, dès que les populations descendent dans la rue pour exprimer un ras le bol largement partagé, vous vous manifestez immédiatement et négativement : il en est ainsi de votre adresse à la Nation plusieurs semaines après le drame de Solhan, à la suite des manifestations dans les provinces les plus touchées par le terrorisme et l’occupation du territoire. Il en est de même de votre discours plusieurs jours après l’horreur d’Inata et les premières manifestations appelant à votre démission. Dans le même sens, votre régime réprime facilement les lanceurs d’alerte, interdit les manifestations de protestation contre la présence militaire française comme ce fut le cas récemment à Bobo. Les deux dernières arrestations concernent le panafricaniste Kemi Séba expulsé du Burkina bien que citoyen CEDEAO, et notre compatriote du Lorum, Younga Fortune Yassia.

Excellence Monsieur le Président,

La colère populaire est grande et la confiance des populations en votre majorité politique est sérieusement compromise. Il est inutile de revenir ici sur le bilan macabre du terrorisme dans notre pays. Nous sommes au bord du gouffre et la situation sur le terrain ne semble pas évoluer en notre faveur. Nos FDS manquent de matériel, de logistique et même de nourriture. Pourtant, alors même que nos frontières terrestres sont fermées, un immense convoi exceptionnel de l’armée française bourré d’armement traverse allègrement notre territoire sans que, encore une fois, le gouvernement n’informe le peuple burkinabè qu’il est censé servir.

Pourtant le 9 juillet dernier à l’occasion du sommet du G5 Sahel le Président MACRON affirmait que les militaires de Barkhane n’étaient pas présents au Burkina Faso. Qui sont ces militaires, pourquoi sont-ils sur notre territoire et que transportent-ils dans ces immenses et innombrables containers ? Face à cette duplicité du pouvoir MPP, la jeunesse patriotique montre encore une fois le chemin du courage et de la dignité.

Cette situation renforce le doute et les inquiétudes d’une partie importante de l’opinion nationale qui s’interroge sur notre volonté réelle de faire face à ces terroristes dont on perçoit clairement, à travers leur stratégie d’encerclement, que l’objectif ultime est d’aboutir à un effondrement de l’État.

C’est pourquoi, en ces moments très difficiles et douloureux pour la Nation, notre parti, l’APP/Burkindi a opté de s’adresser solennellement à vous en votre qualité de Président du Faso, Chef de l’État, Chef suprême des armées. C’est simplement pour ne pas déstabiliser davantage le pays, et aggraver le chaos, que notre parti maintient sa loyauté républicaine à travers nos ultimes recommandations de salut public, exprimées en 3 points ci-après :

1) partager notre lecture de la situation sécuritaire nationale ;

2) vous exhorter, si seulement vous en êtes encore capable, à la prise de décisions radicales, courageuses et diligentes dans la perspective de la libération nationale.

3) réitérer et préciser les propositions de notre parti sur la question prioritaire de la sécurité nationale.

I. De l’analyse de la menace terroriste dans notre pays.

A l’analyse, et à la lumière des faits que nous observons quotidiennement, l’évolution de la menace terroriste au Burkina Faso a prospéré sur des réalités endogènes et présente toutes les caractéristiques d’une « révolte sociale », d’une « rupture de ban » entre certaines communautés et l’État Burkinabè. Ces communautés, exaspérées par un cumul de frustrations ont, au détour de la crise sécuritaire, fait l’option de s’exprimer désormais par la voie des armes pour traduire leur mécontentement. La menace terroriste est de ce fait loin d’être guidée par une adhésion consciente des populations à l’idéologie salafiste. Les groupes terroristes venues de l’extérieur, encadrées, financées, équipées par des ennemis de l’extérieur et de l’intérieur, semblent avoir trouvé un terreau fertile et instrumentalisent à souhait nos dynamiques de conflictualités locales induites par l’absence séculaire de l’État, rendant complexe la lutte contre ce phénomène immonde. Oui, la paupérisation massive de notre peuple fait le lit du terrorisme !

Notre parti, en observateur avisé de la crise sécuritaire, voudrait dépasser certaines analyses superficielles et simplistes pour vous inviter à faire une introspection profonde autour des éléments factuels suivants qui, de notre point de vue, sont les principaux facteurs favorisant la radicalisation dans notre pays :

i) une mauvaise gouvernance, qui a trop duré, et dont vous êtes personnellement un des principaux acteurs en tant que proche collaborateur du Président COMPAORE. En tant que président du CDP au long règne, Premier Ministre et président de l’Assemblée nationale durant deux législatures, vous êtes un des principaux architectes du système qui gère notre pays depuis 34 ans. N’avez-vous pas revendiqué cette paternité du système COMPAORE en 2015 lorsque vous avez déclaré que vous êtes le mieux placé pour remédier aux maux du FASO puisque disiez-vous « c’est celui qui habite la case qui sait où se trouvent les trous par lesquels l’eau passe » ? En tant que Président et Chef suprême des armées, votre gestion nous a conduit au bord de l’abîme. Le patrimonialisme au sommet de l’État, la corruption, les dysfonctionnements multiformes dans l’administration, y compris au sein de la chaîne de commandement de nos FDS et de la hiérarchie militaire sont devenus la règle avec comme corollaire une érosion du civisme et de l’intégrité, somme toute une détérioration générale de tous les indicateurs d’un pays qui va bien.

ii) la mauvaise gestion du foncier rural, cause de conflits communautaires récurrents concernant l’accès aux ressources naturelles qui ont fini par cristalliser les relations intercommunautaires et braquer les communautés les unes contre les autres. Cette mauvaise gestion touche également les espaces protégés de la région de l’Est, une gestion quasiment exclusive de l’avis de la population et contre laquelle certains acteurs (chasseurs traditionnels, orpailleurs, éleveurs transhumants, agriculteurs, etc.) élèvent au quotidien de vives protestations. Toute chose qui est source de radicalisation de la jeunesse désœuvrée ;

iii) le sentiment d’exclusion économique et sociale de certaines communautés qui se sentent de plus en plus marginalisées, stigmatisées, voire ostracisées par le système de gouvernance tant au niveau central qu’aux niveaux déconcentré et décentralisé ;

iv) les allégations d’exactions et d’exécutions extra- judicaires, parfois sur fond de délit de faciès, de certains éléments des FDS, de leurs supplétifs (VDP) et des autres initiatives locales de sécurité (Koglwéogo, Dozo) régulièrement dénoncées par les organisations des droits humains et relayées par la presse nationale et internationale. Les massacres sous couvert d’une sorte d’impunité sécuritaire, Yirgou (Janvier 2019), Banh, Kain- Ouro (Février 2019), Arbinda (Mars-2019) pour ne citer que ces cas, ont non seulement conduit à l’aggravation des conflits communautaires, mais aussi porté un grand coup aux relations entre FDS et populations.

II. De la nécessité de prendre des mesures fortes

Excellence Monsieur le Président,

En tant que premier garant de la sécurité et de l’intégrité territoriale, nous voudrions vous dire sans détour que la réponse exclusivement militaro-sécuritaire expérimentée depuis plus de 5 ans a montré toutes ses limites et que cette guerre contre le terrorisme ne sera pas gagnée par la seule voie des armes. Si notre victoire se limitait au volet militaire dans cette lutte, elle serait parcellaire. Les soutiens militaires extérieurs sont inopérants et ont plus l’allure d’une occupation militaire hostile. Le G5 Sahel, affecté par le changement brutal au Tchad en avril dernier, est tout autant inefficace, et semble manquer de stratégie et de moyens.

Nonobstant cette situation, la dite structure est étonnamment budgétivore pour son fonctionnement administratif. Notre conviction est que, dans cette guerre asymétrique imposée de l’extérieur à notre peuple, la victoire ne sera effective qu’à travers la conjugaison de toutes les intelligences et de toutes les énergies de notre peuple et à ce titre, la collaboration entre populations et FDS est d’une nécessité évidente et incontournable.

A ce propos, notre parti ne peut que se réjouir du fait que le Burkina Faso se soit enfin doté d’une stratégie de lutte contre le terrorisme dont quelques extraits ont fait l’objet d’un point de presse de vos deux ministres en charge de la défense et de la sécurité le 27 Août 2021. Pourvu que cela ne reste pas dans les tiroirs !

Dans leurs interventions, nous avons pu noter deux éléments fondamentaux qui sont (i) que la réponse militaire est insuffisante pour venir à bout de la menace terroriste, (ii) la possibilité d’adoption d’un plan de déradicalisation pour tous nos compatriotes qui veulent déposer les armes.

A cet effet, et à la lumière des éléments factuels de radicalisation susmentionnés, notre parti voudrait vous exhorter à prendre les mesures diligentes suivantes, pour réconcilier l’État et l’ensemble des populations.

III. Les propositions de l’APP/Burkindi sur la question prioritaire de la sécurité nationale

1. Donner des explications sur la présence militaire étrangère dans notre pays, et plus particulièrement le convoi bloqué à Kaya, son contenu et sa destination.

2. Interdire la sortie du territoire national aux membres du gouvernement impliqués dans des achats de maisons à l’étranger et à toute personne pouvant être impliquée dans des dossiers de corruption. Diligenter des enquêtes et au besoin procéder à des incarcérations préventives. On ne saurait tolérer des faits de détournements et de corruption parfois documentés pendant que nos FDS manquent de tout, meurent quotidiennement avec des populations civiles dont près de deux millions sont des déplacés internes. Continuer à laisser faire, c’est accepter la haute trahison et aggraver davantage notre drame et le ras le bol légitime de la population.

3. Déclarer l’état de guerre, montrer une volonté réelle de lutter contre la corruption et le terrorisme en organisant le peuple et ses organisations autour des FDS, former les populations au maniement des armes, les encadrer et aller à l’assaut de tous les agresseurs du pays en rangs serrés comme nous l’avons déjà expérimenté à l’occasion du coup d’État de septembre 2015 et tel que les jeunes l’expérimentent en ce moment à mains nues en plusieurs endroits du territoire national. Nous avons besoin d’une armée populaire et patriotique dirigée par des patriotes intègres dont le seul intérêt est la dignité, l’honneur et la libération de la patrie.

4. Exiger le départ de notre territoire des forces étrangères qui ont suffisamment fait la preuve de leur duplicité et de leur inefficacité sur le terrain.

5. Revoir en profondeur la problématique du foncier rural pour favoriser un accès équitable à tous les acteurs (agriculteurs, éleveurs, et autres utilisateurs des ressources naturelles). Une telle révision doit nécessairement intégrer le respect des espaces et des parcours pastoraux, source de toutes les tensions communautaires et probablement le principal facteur de radicalisation de certaines communautés frappées de plein fouet par le réchauffement climatique ;

6. Donner un signal traduisant la ferme volonté de lutter contre la stigmatisation à travers une tolérance zéro contre tout acte avéré de stigmatisation envers un individu ou une communauté. La question de la stigmatisation des communautés est d’autant plus préoccupante que si on n’y prend garde, elle portera un coup fatal au vivre- ensemble séculaire dans notre pays. A cet égard, les événements de Banlo (commune de Bouroum- Bouroum) où 4 personnes ont perdu la vie à la suite d’un accident malheureux de circulation, suivi de polémiques très malsaines, doivent édifier notre peuple qu’aucune communauté n’est à l’abri de la stigmatisation. C’est une gangrène qu’il faut vite éradiquer pour préserver le vivre-ensemble. La question de la stigmatisation des communautés, au-delà des dénonciations publiques doit bénéficier d’un portage politique et judiciaire assumé par les plus hautes autorités du pays. Une véritable politique de réarmement civique, à peine esquissée à travers le Manuel de suivi sur les indicateurs de la cohésion sociale au Burkina Faso (août 2021), s’impose.

7. Au plan militaro-sécuritaire, notre conviction, nous le répétons est que les FDS à elles seules ne peuvent pas apporter une réponse à la menace terroriste. Il faut à tout prix reconquérir la confiance et la collaboration des populations dont certaines d’entre elles sont visiblement traumatisées et portent encore des séquelles indélébiles des dérives multiformes, injustifiées, lors d’opérations des FDS et des autres forces de sécurités locales, en plus des horreurs insoutenables des groupes terroristes. Cela passe par l’accélération du traitement des dossiers judiciaires sur tous les cas avérés d’exactions contre des populations civiles. Dans ce même registre, nous saluons et soutenons l’initiative de tous les combattants qui ont su apporter une plus-value considérable en termes de sécurisation des populations, et dont les authentiques faits de guerre ne manquent pas pour illustrer leur héroïsme. C’est l’occasion pour notre parti de leur rendre hommage. Mais en même temps un recadrage s’impose car il nous revient que dans certaines communes, le recrutement des forces supplétives est loin d’être inclusif et pire, a été l’occasion de comportements indélicats et peu honorables.

8. Pour terminer sur le volet militaro-sécuritaire, il est impératif d’apporter réellement tout le soutien nécessaire (moral, organisationnel, logistique, matériel, financier) à nos braves FDS qui ont payé et continuent de payer un lourd tribut dans cette crise sécuritaire. Nous le répétons, la présence de forces militaires étrangères et l’existence du G5 Sahel budgétivore plus qu’efficace sur le terrain semblent être plus un facteur d’embourbement de la crise sécuritaire qu’une solution viable. Nous devons reprendre l’initiative et compter sur le peuple burkinabé et le soutien des peuples des pays du Sahel, notamment ceux du Mali et du Niger, et d’Afrique, avant tout autre « soutien » extérieur. Vous avez mobilisé de grandes foules pour vos meetings de campagne. Il est venu le temps de mobiliser le peuple réel, de l’organiser efficacement pour enfin vaincre tous les acteurs étrangers et nationaux responsables de cette déstabilisation macabre de la Nation, au nombre desquels nous classons les auteurs de la mal-gouvernance sous toutes ses formes.

9. Porter une assistance conséquente et digne aux presque deux millions de personnes déplacées internes. Organiser conséquemment les conditions de leur retour dans leurs localités d’origine. De même, les familles des victimes du terrorisme, FDS et civils, les blessés de guerre, les blessés de l’Insurrection de 2014 et du Coup d’État de 2015 doivent tous être réellement pris en charge par l’État.

10. Enfin, il nous paraît urgent de prendre toutes les initiatives nécessaires pour renforcer l’inclusivité à tous les niveaux, décisionnels et dans l’espace public, engager un processus de dialogue social intercommunautaire de proximité à l’effet de ressouder le tissu social fortement entamé par la crise sécuritaire. Ce processus de dialogue est cardinal et même incontournable et devrait impliquer tous les acteurs pertinents (leaders communautaires, OSC, personnes ressources écoutées, etc.). Ce processus de dialogue devrait être accompagné de mesures de réinsertion sociale de nos compatriotes abusivement enrôlés par les groupes armés terroristes.

Excellence Monsieur le Président,

Notre parti a la ferme conviction que seul un examen attentif des principaux facteurs de radicalisation et entre autres, la mise en œuvre diligente des mesures fortes sus-énoncées pourront sortir notre pays de son enlisement. Cela va inéluctablement se traduire par le tarissement de toutes les sources de motivation pour la radicalisation et le début de la déradicalisation de nombre de nos compatriotes qui sont certainement déjà désabusés par les « propositions séduisantes » des groupes armés terroristes, souvent une forme de prise en otage par des apatrides, suivie d’une plongée forcée dans l’irréparable et l’innommable.

Notre pays a besoin de cohérence, de cohésion, d’unité et de direction éclairée et audacieuse pour faire face à l’adversité et au risque d’effondrement. La situation actuelle porte la marque de votre échec personnel et de celui du système dont vous êtes un pur produit, un système encore aux affaires à la majorité présidentielle (APMP) et à l’opposition maison dite institutionnelle (CFOP) dont le chef continue de prendre ses instructions à Abidjan avec Blaise COMPAORE, un système vieux de plus de trente ans, fondé sur les cendres de l’assassinat du Président Thomas SANKARA, animé par une classe politique anachronique, obsolète, largement corrompue et inefficace. Mais peut-être êtes-vous encore capable d’un sursaut de dignité, de patriotisme et d’égard vis-à-vis de notre peuple éprouvé. Si tel est le cas appliquez immédiatement avec courage les mesures proposées. Si tel n’est pas le cas, démissionnez avec votre gouvernement, l’Assemblée nationale complice de votre gestion. Alors, sous l’égide d’un front patriotique, des États généraux de la résistance populaire seront immédiatement organisés pour permettre aux patriotes véritables d’assurer la continuité de l’État et la lutte pour la libération nationale, et mettre fin au terrorisme, pour un Burkina Faso réunifié, apaisé et prospère.

L’APP/Burkindi pour sa part indique déjà la voie car nous prônons Laawõl Burkindi (le chemin de la dignité) par Hõron Ya (le comportement de l’honneur) et nous restons au service de notre peuple et de ses FDS pour apporter notre contribution à la recherche de solutions durables à la crise sécuritaire, à la lutte pour la libération intégrale de notre territoire occupé et à la promotion de la cohésion sociale et du vivre- ensemble.

Nous appelons le peuple burkinabè à la vigilance, au refus de la manipulation, de la division, pour éviter de nous plonger dans une situation encore plus dramatique, telle que la récupération opportuniste, de son mécontentement légitime et la restauration d’un régime prédateur déjà rejeté. Nous devons éviter que la souveraineté populaire ne soit de nouveau confisquée, comme ce fut le cas avec la récupération de l’Insurrection de 2014 et la Résistance au Coup d’État de 2015.

Nous appelons l’ensemble des patriotes sincères organisés ou non, les organisations patriotiques à unir leurs efforts dans le cadre d’un front patriotique pour stopper cette descente aux enfers de notre Patrie bien aimée.

Ensemble, nous vaincrons les forces du mal !

Nan lara, an sara !

Par le Peuple, pour le Peuple !

Pour le Bureau Exécutif National

Le Président

Adama COULIBALY

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