La tension ne cesse de monter dans le quartier Tampouy, à Ouagadougou, autour d’un terrain devenu le centre d’un bras de fer entre une association locale et les initiateurs d’un projet de construction. Ce différend, qui prend de l’ampleur jour après jour, mobilise fortement les femmes de l’association Boudnooma, bien décidées à défendre ce qu’elles considèrent comme un acquis légitime.
Depuis plusieurs années, ce terrain sert de cadre aux activités de l’association Boudnooma, notamment celles portées par les femmes. Elles y développent des activités génératrices de revenus, renforcent la solidarité entre membres et participent activement à la vie sociale du quartier.
Pour ces dernières, cet espace dépasse largement sa simple fonction physique. Il est devenu un symbole d’autonomisation et de cohésion
La situation a basculé avec le démarrage inattendu de travaux de construction sur le site sans communication préalable, ce qui a suscité incompréhension et indignation.
Selon les informations recueillies, l’initiatrice du projet serait la fille de la défunte trésorière de l’association. Elle affirme agir dans le respect des volontés de sa mère, qui lui aurait donné des instructions avant son décès pour engager des travaux sur ce terrain.
Une version qui ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de l’association, où plusieurs membres affirment n’avoir jamais été associées à une telle décision.
Face à ce qu’elles qualifient de « passage en force », les femmes de l’association Boudnooma ont pris la tête de la mobilisation. Déterminées, elles multiplient les rassemblements pour exprimer leur mécontentement et exiger des explications.
Prenant la parole au nom du groupe, Koubeme Pauline, visiblement émue, rappelle l’importance du site :
« C’est ici que nous nous réunissons, que nous menons nos activités génératrices de revenus. Nous ne pouvons pas accepter de partir comme ça. »
Elle affirme par ailleurs que l’association dispose d’une autorisation provisoire d’occupation délivrée par la mairie, un document qu’elle considère comme une base légale solide pour justifier leur présence.
Les habitants de Tampouy, témoins directs de la situation, expriment à la fois leur incompréhension et leur inquiétude. Plusieurs affirment ne pas avoir été informés du projet de construction.

« Du jour au lendemain, on a vu le début de la construction . On ne sait pas vraiment qui a autorisé ces travaux », explique Da Gawa, un résident du quartier.
Malgré ces zones d’ombre, une solidarité s’est installée entre les riverains et les femmes de l’association. Beaucoup saluent leur rôle dans la dynamique sociale du quartier et soutiennent leur démarche.
Cependant, la crainte d’une escalade des tensions reste présente. « Il existe un bon maillage entre les riverains et les dames de l’association. Il ne faut pas que cette situation vienne tout gâcher », confie un habitant.
Face à la montée des tensions, les appels à une intervention des autorités se multiplient. Les membres de l’association, appuyés par les riverains, demandent que toute la lumière soit faite sur la situation foncière du terrain.
Ils souhaitent notamment des clarifications sur :
• la légitimité du projet de construction,
• les autorisations accordées,
• et les droits réels de chaque partie.
L’objectif est de parvenir à un compromis acceptable, dans un esprit de dialogue et d’apaisement.
Pour l’heure, le chantier est à l’arrêt ce mercredi 25 mars 2026.La mobilisation constante des femmes et la vigilance des riverains maintiennent la pression sur ce dossier devenu particulièrement sensible.
Cette affaire met en lumière les défis liés à la gestion du foncier urbain, mais aussi l’importance du dialogue dans la prévention des conflits communautaires.
En attendant une issue, les regards restent tournés vers les autorités, appelées à jouer un rôle déterminant pour éviter que la situation ne dégénère.

Soyez le premier à commenter sur "Terrain litigieux à Tampouy : tensions sur fond de chantier, les femmes de l’association Boudnooma montent au créneau"