Burkina Faso : Plus de 70% des malades sont victimes du manque d’hygiène et d’assainissement

 

Le Burkina Faso est confronté à un problème criard lié à la santé publique de pollution de l’eau et de l’environnement, du cadre de vie et d’insécurité surtout des femmes et des filles. Selon une étude documentaire en 2012 faite par le programme eau et assainissement de la Banque Mondiale, le Burkina Faso perd chaque année 86 millions de FCFA par manque d’assainissement. C’est donc croire que le manque d’assainissement constitue une entrave au développement du pays.

Chaque minute, ce sont 37 enfants qui meurent dans le monde à cause du manque d’hygiène et de l’assainissement. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 70% des lits d’hôpitaux au Burkina sont occupés par des personnes victimes de manque d’hygiène et d’assainissement. Plus de 1 400 tonnes d’excréments humains jetés sans précaution ni traitement polluant les eaux, les sols, les cultures et nous transmettent des maladies. L’insuffisance et l’absence des infrastructures d’assainissement, la non intégration des bonnes pratiques dans les habitudes des populations, la méconnaissance des risques liés au manque d’hygiène et d’assainissement, sont entre autres les causes de ces maladies. Le programme des Nation-unies pour l’environnement (PNUE) a élaboré une étude selon laquelle dans les pays en développement, environ 90% des eaux usées domestiques et industrielles sont rejetées sans aucun traitement polluant ainsi les habitats, les ressources en eau et les écosystèmes.

Au Burkina Faso, la défécation à l’air libre est le sport favori de plusieurs personnes. C’est pourquoi en octobre 2014, le pays a adopté en conseil des ministres la stratégie nationale d’assainissement total piloté par la communauté ATPC. Il s’agit d’améliorer les conditions de vie des communautés en mettant fin à la pratique de Défécation à l’air libre (DAL). Malgré cette politique, la problématique demeure. Lors de l’atelier organisé par le ministère de l’eau et de l’assainissement le lundi 13 septembre 2021, Célestin Pouya de l’ONG WaterAid a laissé entendre que plus de 70% des populations défèquent à l’air libre. C’est un gros problème qui souvent s’explique par la pesanteur socio-culturelle parce qu’il existe des localités où les infrastructures sont construites, mais malheureusement transformées soit en poubelles publiques ou encore abandonnées. Les populations préfèrent la défécation à l’air libre parce que c’est ce qu’on leur a appris. Il est temps de briser le silence et de mettre fin à cette pratique. Monsieur Pouya a expliqué qu’il est impératif de promouvoir l’hygiène et l’assainissement. La conséquence est encore plus grande chez les femmes et les filles. En effet, beaucoup de filles abandonnent les classes à cause du manque d’assainissement dans les établissements. « 83% des filles ne peuvent pas changer leurs serviettes hygiéniques à l’école, 21% s’absentent », a soutenu Célestin Pouya.

Atelier de formation des acteurs de médias

L’atelier de formation/information sur la problématique de l’assainissement des eaux usées et excrétas au Burkina Faso organisé par le ministère de l’eau et de l’assainissement à travers la direction générale de l’assainissement (DGA) avait pour objectif général d’inciter les Hommes de médias à s’approprier les défis liés à l’accès à l’hygiène et à l’assainissement afin de s’engager dans la promotion de l’hygiène et de l’assainissement durable. Plusieurs acteurs ont pris part à cet atelier et ont pu faire des communications à l’endroit des journalistes. WaterAid, UNICEF, le ministère, la DGA et le secrétariat général du ministère, tous dans leurs communications ont insisté sur la responsabilité du journaliste dans cette lutte pour l’hygiène et l’assainissement. Le Burkina gagnerait à avoir une bonne hygiène et un bon assainissement.

Les journalistes ont appris bon nombre de choses à travers cette formation. Abel Yerbanga de la télévision Burkina Info a pris part à cet atelier. « Au cours des différentes communications qui ont été faites par les présentateurs, il ressort que le taux d’assainissement au niveau national est très faible. De 2015 jusqu’à 2020 quand on fait un peu les statistiques, le niveau de pourcentage n’est pas élevé. Ce qui signifie qu’il y a un travail qui doit être fait surtout en milieu rural où il y a manque de latrines. En tant qu’hommes de médias, nous devons travailler à sensibiliser, à montrer les nécessités de construire des latrines. », a laissé entendre Abel Yerbanga. Lui, il ressort satisfait de l’atelier car assez informé sur des questions d’assainissements. Les journalistes qui ont participé à cette formation sont désormais outillés sur les statistiques d’hygiènes et d’assainissements non seulement sur le plan national, mais aussi et surtout sur le plan international. Au finish, les burkinabè doivent arrêter de dire que « microbe ne tue pas africain » parce qu’en réalité, beaucoup meurent par manque d’hygiène.

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