Dr Siaka GNESSI
Ouagadougou, INSS/ CNRST
gnessisiaka@gmail.com
Introduction
Cet article est un document de vulgarisation tiré d’une publication scientifique que nous avons faite en 2025 sur la problématique de l’insertion socio-professionnelle des jeunes au Burkina Faso. L’Afrique est confrontée à des défis majeurs en matière d’emploi des jeunes. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), le continent devrait créer environ 12 millions d’emplois par an pour répondre aux besoins des jeunes entrants sur le marché du travail. Au Burkina Faso, le taux de chômage est estimé à 7,1 % en 2019. Le chômage affecte davantage les femmes (8,8%) que les hommes (5,6%). La population en âge de travailler représente 54,7% de la population globale. Au sein de cette population en âge de travailler, seulement 42,9% est occupée contre 53,8% de personnes en dehors de la main-d’œuvre (INSD, 2022). L’insertion professionnelle des jeunes au Burkina Faso est une priorité pour le développement économique et social du pays. Les jeunes représentent une part importante de la population burkinabé, mais un grand nombre d’entre eux peinent à trouver une stabilité professionnelle en raison de plusieurs obstacles : manque de qualifications, absence d’opportunités d’emploi, inégalités sociales et économiques, etc. Cette situation a des conséquences profondes sur leur bien-être, leur épanouissement et leur contribution au développement du pays. Les ONG humanitaires, par leur présence sur le terrain et leurs programmes ciblés, contribuent à répondre à cette problématique en offrant des solutions aux besoins des jeunes. Pour lutter contre le chômage des jeunes, il existe des mesures indispensables à prendre.
1. Méthodologie
Pour analyser la contribution des ONG à l’insertion professionnelle des jeunes, nous avons adopté une approche qualitative basée sur des études de cas d’ONG intervenant au Burkina Faso. C’est ainsi que nous avons échangé avec les responsables de certaines ONG, des bénéficiaires de programmes d’insertion, des jeunes, des cadres du monde du travail, des responsables de syndicats et d’autres acteurs de la société civile burkinabè.
2. Bref aperçu sur la situation des jeunes
Plus de la moitié de la population du Burkina Faso est composée de jeunes qui ont tendance à vivre dans les zones rurales. Selon les résultats du Recensement général de la Population et de l’Habitat (RGPH), en 2019, 78 % des 20,5 millions d’habitants du pays étaient âgés de moins de 25 ans, et 45 % avaient moins de 15 ans. Moins de la moitié des jeunes âgés de 16 à 35 ans ont terminé l’école primaire. Les possibilités d’emploi sont insuffisantes pour absorber la population croissante du pays. Quatre jeunes sur dix ne sont pas en situation d’emploi, d’éducation ou de formation. La grande majorité des personnes employées sont sous-employées et la plupart d’entre elles exercent des activités instables et peu productives (EHCVM, 2018).
3. Les mesures indispensables
Faciliter l’accès des jeunes à l’emploie nécessite des mesures indispensables.
D’abord, il faut renforcer l’adéquation entre la formation et les besoins du marché : il est primordial de réformer l’éducation et la formation professionnelle en fonction des secteurs stratégiques du pays comme l’agriculture, l’élevage, les infrastructures et les technologies. C’est pourquoi, il faut saluer les réformes en cours pour renforcer la formation technique et professionnelle. Un responsable d’ONG intervenant dans le domaine de l’éducation dit ceci : « Il faut que les jeunes, à partir du collège, aient la possibilité d’apprendre un métier tout en étudiant. Ainsi, les jeunes diplômés n’attendront pas les concours pour travailler ; ils auront toujours quelque chose de lucratif à faire… »
Ensuite, il faut soutenir les jeunes entrepreneurs. Des programmes de financement accessibles et des formations à la gestion d’entreprise doivent être étendus pour permettre aux jeunes de créer et développer des entreprises durables. Cela va de pair avec l’amélioration des politiques d’emploi en créant un environnement favorable à la croissance des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et en encourageant les entreprises qui embauchent des jeunes par des allègements fiscaux.
Enfin, il faut renforcer la relation entreprises-écoles et la coopération internationale. Les entreprises serviront de sources d’expériences pour les jeunes et les aideront à renforcer l’esprit d’initiative entrepreneuriale et de créativité. Les partenariats avec les organisations internationales (OIT, Banque Mondiale) et les ONG peuvent contribuer à renforcer les capacités du pays à offrir des solutions d’insertion innovantes aux jeunes.
Conclusion
L’insertion professionnelle des jeunes au Burkina Faso reste un défi majeur, mais il existe des solutions concrètes pour améliorer leur accès à l’emploi. En renforçant la formation professionnelle, en soutenant l’entrepreneuriat et en promouvant des politiques favorables à l’emploi dans les secteurs clés, le Burkina Faso peut offrir à sa jeunesse de nouvelles perspectives professionnelles. Cela nécessite un engagement soutenu du gouvernement, des entreprises et des acteurs sociaux. Des réformes structurelles et une collaboration accrue entre les secteurs public et privé sont nécessaires pour mettre à la disposition des jeunes burkinabè les outils dont ils ont besoin pour s’intégrer dans un marché du travail en pleine mutation.
Références bibliographies
Diabaté, A., & Kambou, S. (2019). « Entrepreneurship among Youth in Burkina Faso : The Role of NGOs ». *African Journal of Business Management*, 13(16), 481-491.
GNESSI Siaka., 2025, « La contribution des ONG à l’insertion socio-professionnelle des jeunes au Burkina Faso », International Journal of Current Research (IJCR), Volume 17, Issue 01.
INSD, (2022), Synthèse des résultats définitifs du cinquième recensement général de la population et de l’habitation de 2019, 133p
OIT (2020). Rapport mondial sur l’emploi des jeunes, Genève.
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