Covid 19 : Quand les mesures préventives se heurtent à l’entêtement des populations

Pour empêcher la propagation du Coronavirus au Burkina Faso, une batterie de mesures a été adoptée par le président du Faso Rock Marc Christian Kaboré et son gouvernement. Parmi ces mesures nous avons entre autres la fermeture des frontières, la mise en quarantaine des villes touchées par le virus, l’instauration d’un couvre-feu de 19 heures à 5 heures du matin, etc. Ces mesures pourraient être efficaces et rompre la chaine de transmission du coronavirus dans la mesure où elles seraient respectées par la population. Malheureusement, force est de constater que les populations, surtout celles des couches sociales démunies ne respectent pas les consignes. Est-ce de l’ignorance, de l’insouciance,  ou de l’irresponsabilité? L’on ne saurait répondre avec précision à ces questions.

Depuis la fermeture des marchés et yaars, plusieurs protestations se sont faites entendre. Des commerçants défient l’autorité en se regroupant à certains endroits non loin des marchés pour poursuivre  illégalement leurs commerces. Ce faisant, des clients, du fait de la réduction des points de vente viennent s’attrouper pour acheter des produits. Ces gens semblent ignorer que la raison pour laquelle les marchés ont été fermés est justement d’éviter les attroupements. «  Nous vivons au jour le jour, si nous ne sortons pas, nous mourrons de faim » entend-t-on vociférer par ci par là. Cette triste réalité emmène les populations à s’exposer au risque malgré les mesures restrictives prises par le gouvernement.

Que dit-on alors des chauffeurs de transports en commun qui menacent de grever si le confinement des villes touchées par la pandémie venait à s’étaler sur une longue période ? Certains semblent oublier que l’essentiel en ce moment est de survivre à cette pandémie et que les problèmes financiers devraient être placés au second plan. Pire encore, certains individus semblent ne pas avoir conscience de la gravité de la situation et en arrivent même à douter de la véracité des informations données sur le coronavirus. Pour eux, « il est inutile de se protéger autant, car tout dépend de la volonté de Dieu. S’il décide que quelqu’un sera infecté, il s’infectera et c’est tout ». C’est très bien de croire en la providence, mais comme le dit l’adage: « Aide-toi et Dieu t’aidera ».

Cette situation  de non-respect des consignes est encore pire dans les villages du Burkina. Si à Ouagadougou les populations arrivent à respecter les règles minimales de prévention à savoir, se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon, tousser ou éternuer dans le creux du coude, éviter de se serrer les mains, etc., la réalité est toute autre dans les villages. Là-bas, les populations ont du mal à abandonner les vieilles pratiques du vivre-ensemble, car un problème de respect de la culture s’impose. Comment expliquer à un paysan qu’il ne doit plus serrer  la main de son voisin au risque de s’attraper une maladie mortelle?

La situation devient alors préoccupante. Que faire pour entrainer une prise de conscience collective de la population dont une bonne partie demeure analphabète ? Une sensibilisation de proximité est plus que jamais nécessaire. Il faudrait également veiller au strict respect des consignes en prenant  des mesures radicales, par exemple, imposer des amandes à toute personne qui  viendrait à outrepasser les mesures de protection générale prises par le gouvernement.

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