Ouagadougou : L’imam Dicko du Mali s’adresse à la population burkinabè

 

La communauté musulmane du Burkina Faso a organisé un panel dans l’après-midi du samedi 18 juin 2022 à Ouagadougou pour échanger sur les défis de la sécurité et de la cohésion sociale. Ce panel a réuni des experts en sciences islamiques.

1962-2022, la Communauté musulmane du Burkina Faso (CMBF) a 60 ans. A cette occasion, elle se renforce et consolide son unité. Après la cérémonie d’installation du président de la CMBF, El hadj Moussa Kouanda dans la matinée, un panel s’est tenu dans l’après-midi du samedi sous le thème de la célébration des 60 ans d’existence de ladite communauté : “La communauté musulmane face aux défis de la sécurité et de la cohésion sociale” .

Lors de cette rencontre, L’imam Mahmoud Dicko du Mali s’est adressé à la population burkinabè sur la question du terrorisme. « Il ne faut pas coller l’insécurité à une religion ou à une ethnie. La question qu’on doit se poser, c’est pourquoi nos propres enfants, fils du pays, se rebellent contre nous ? Qu’est-ce qui a poussé ces fils du pays à se révolter contre les habitants de leur propre pays ? Pourquoi nos enfants se rebellent contre nous, contre le système, contre la République ? », a-t-il déclaré. Pour lui, la réponse à ces questions, pourra déjà nous aider à trouver des pistes de solution à ce fléau qui menace la sécurité de la sous-région.

Pr Issa Cissé, professeur titulaire en histoire contemporaine à l’Université Joseph Ki-Zerbo a fait savoir que la CMBF a été créée en 1962. “C’est vrai aujourd’hui, il est question de 60 années d’indépendance de cette communauté musulmane du Burkina, mais si on doit strictement se coller à cette communauté de nos jours, on risque d’occulter un aspect important de l’islam proprement de ce pays” , a-t-il laissé entendre. Pour lui, on a commencé par une structure  associative unique en 1962 mais par la suite, il y a eu de morcellements. Cela signifie qu’il y a eu des conflits, après, qui ont causé la scission du groupe d’où l’avènement des autres communautés islamiques du Burkina Faso (Wahabia, Tidjania, etc.). Alors, c’est à noter qu’en 60 ans, beaucoup de choses se sont passées au sein de cette communauté.

Le secrétaire général de la communauté musulmane du Burkina Faso, Hatimi DEME a expliqué qu’on a attribué des thèmes aux différents pays invités. “Ce panel entre dans le cadre d’échange d’expériences dans le domaine de l’organisation des associations islamiques, dans le domaine de la gestion de l’islam-même dans nos différents pays” , a-t-il soutenu. Il a cité les pays présents à cette rencontre que sont, le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin, le Ghana, et des pays situés hors de l’Afrique comme le Qatar et les Émirats Arabes Unis. Chaque pays, selon lui, avait son thème à traiter. Et lors de ce panel, c’est le Mali, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso qui ont fait réellement des communications.

N’ayant pas l’occasion vraiment d’organiser un panel portant sur la thématique de l’Islam, monsieur DEME a trouvé qu’il était une opportunité pour eux, de sensibiliser et d’informer les musulmans et les non musulmans par rapport à certaines réalités de la vie. “Donc l’objectif visé, c’est de permettre à la population de s’imprégner des réalités par rapport à certains comportements et pratiques de l’islam afin de vivre en symbiose, tout en évitant les chocs culturels” , a-t-il terminé son propos.

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