Caravane « Graines de Cohésion » : À l’Arrondissement 12 de Ouagadougou, la paix se conjugue au présent et par l’engagement

 

Dans un contexte national où le vivre-ensemble demeure un défi crucial, l’Association Jeunes Faiseurs de Paix (AJFP) poursuit sa mobilisation sur le terrain. Le mardi 25 août 2026, la Caravane de la Paix « Graines de Cohésion » a marqué sa 9ᵉ étape au cœur de l’Arrondissement n°12 de la capitale. Sous le patronage des autorités locales et des guides spirituels, cette rencontre a scellé un pacte fort entre jeunesse, tradition et citoyenneté.

 

Une formule choc : « La paix ne se transmet pas par héritage »

Le ton de cette journée a été donné par la Présidente de la Délégation Spéciale (PDS) de l’arrondissement, Zalisa Paré/Salembéré. Accueillant l’initiative avec ferveur, elle a rappelé que l’harmonie sociale ne relève pas d’un acquis passif, mais d’une quête quotidienne.

« La paix ne se transmet pas par héritage. Elle se construit par engagement », a-t-elle affirmé devant une assemblée attentive.

Pour l’autorité communale, la diversité culturelle et religieuse du Burkina Faso doit demeurer un levier de fraternité et non un prétexte de discordance. Invitant à remplacer la méfiance par la tolérance, elle a lancé un appel vibrant à la population : parler plutôt que se diviser, écouter plutôt que juger, rapprocher plutôt que dresser des barrières.

Une responsabilité partagée du terrain jusqu’au numérique

Abondant dans le même sens, le président de l’AJFP, Hermann Guingané, a martelé que le rôle d’une caravane est d’ouvrir des espaces d’échange, non d’imposer un mode de vie. « Là où le dialogue commence, la méfiance recule », a-t-il souligné, rappelant que la pérennité de cette initiative repose désormais sur les habitants eux-mêmes.

Le parrain de cette 9ᵉ étape, El Hadj Sayouba Traoré, a pour sa part mis en garde la jeunesse contre les pièges du monde virtuel. Face aux risques de désinformation et de haine en ligne, il a vivement exhorté les jeunes à faire preuve de retenue et de civisme dans leurs interventions sur les réseaux sociaux, rappelant que l’identité nationale prime sur toutes les démarches communautaires ou confessionnelles.

Des outils concrerts pour pérenniser l’action

L’étape de l’Arrondissement 12 ne s’est pas limitée aux discours d’usage. La journée a été rythmée par des temps forts d’apprentissage et de structuration :

Un ancrage traditionnel : La cérémonie a débuté par des invocations coutumières implorant le soutien des ancêtres pour la cohésion de la cité.

Deux conférences thématiques :

Le Dr Koudbi Kaboré (historien à l’Université Joseph Ki-Zerbo) est intervenu sur le dialogue interreligieux comme bouclier contre les tensions sociales.

Abdoul Aziz Bamogo (ancien président du CSC) a partagé son expertise sur les techniques d’animation d’une cellule locale.

L’installation de la Cellule Locale de la Paix : Un noyau d’acteurs locaux, notamment des jeunes et des femmes, a été formé. Ces relais auront la charge d’entretenir la flamme du dialogue et de gérer la prévention des conflits au plus près des quartiers.

En refermant cette étape, le message transmis par les organisateurs résonne comme un mot d’ordre pour l’ensemble des arrondissements traversés : si la Caravane reprend sa route, la responsabilité de préserver la cohésion, elle, reste ancrée au cœur des communautés.

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