Déguerpissement du marché de la jeunesse à ZACA : les jeunes commerçants gardent toujours espoir pour l’amélioration de la situation

 

Les commerçants du marché de la jeunesse se sont mobilisés dans la matinée de ce mardi 31 décembre 2024 devant le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat à Ouagadougou. Il était question pour ces jeunes commerçants, de renouveler leur pardon et solliciter toujours la clémence des plus hautes autorités.

Sommés de quitter les lieux le 03 janvier prochain, les jeunes commerçant se sont mobilisés pour rencontrer le ministre en charge de l’Urbanisme et de l’Habitant qui, malheureusement pour eux, est en déplacement. Mais ces commerçants n’entendent pas baisser les bras. Ils espèrent toujours qu’une solution idoine sera trouvée pour résoudre ce problème. Alors, ils ont tenu à solliciter la clémence et l’implication du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré.

Ayant rencontré plusieurs personnalités sur ce sujet sans gain de cause, ces commerçants avaient organisé une conférence de presse, le mardi 5 novembre 2024 à Ouagadougou, pour attirer l’attention d’un président qui est à l’écoute de la jeunesse, en la personne du Chef de l’Etat. Au moment où ils attendaient une solution à cette situation, ils ont été informés d’une mesure de déguerpissement forcé après ce 03 janvier 2025.

Seydou Conseiga, porte-parole des commerçants, a fait comprendre qu’environ 500 boutiques sont déjà prises sur le site du marché. Étant donné que ce projet ouvre déjà une porte d’emplois à la jeunesse burkinabè, monsieur Conseiga a demandé aux autorités de voir la réalité des faits. Selon lui, ce projet va permettre à plusieurs jeunes commerçants de devenir des futurs patrons afin de créer d’autres emplois. Mais le déguerpissement de ce marché va conduire plusieurs jeunes au chômage, d’où la délinquance et le banditisme. Et cela est loin d’être favorable à la mission du Gouvernement actuel, surtout dans un tel contexte sécuritaire que vit le Burkina Faso.

« Parmi ceux qui ont pris des boutiques, il y a des déplacés internes, des jeunes commerçants qui ont pris des prêts dans des micro-finances et dans des banques. Et actuellement, ils peinent à rembourser ces prêts. Alors, nous implorons la clémence des autorités afin qu’elles nous accordent un délai raisonnable pour nous permettre de récupérer un tant soit peu, l’argent déjà investi et rembourser nos prêts » , a-t-il déclaré. A l’entendre, le secrétariat du ministère leur a fait comprendre que le ministre est en déplacement, mais ils peuvent venir déposer une demande d’audience avant le délai du 03 janvier. « Chose qui sera faite en espérant avoir gain de cause » , a indiqué le porte-parole des commerçants.

Tassembédo Abdou Razak, l’un des promoteurs du marché de la jeunesse sis à ZACA, a indiqué qu’ils sont au nombre de trois (03) promoteurs. Bikienga Oumarou et Kouanda Ali sont les deux (02) autres. « Aujourd’hui, c’est une petite délégation du marché de la jeunesse qui est venue pour demander une audience auprès du ministre par rapport à la situation de ce projet. Les jeunes commerçants ont reçu des émissaires venus informer leur déguerpissement du site. Nous avons appris cette nouvelle au moment où nous étions en négociation avec les autorités » , a-t-il soutenu.

Monsieur Tassembédo a précisé qu’ils (promoteurs) ont commencé l’investissement du marché sans connaitre le cahier de charges de la zone ZACA. Mais après échanges avec le Président de la délégation spéciale de la mairie centrale de Ouagadougou, un autre site normalement devrait être mis à leur disposition à Ouagadougou avec un délai raisonnable. « Malheureusement le 4 décembre dernier, nous avons reçu une lettre du ministère nous sommant de quitter les lieux pour rejoindre un site à Paspanga. Quand nous sommes arrivés sur ce nouveau site, rien n’était prévu et il y avait déjà des commerçants sur place occupant les lieux. Alors, il ne restait plus assez d’espace pour accueillir ceux du marché de la jeunesse » , a-t-il expliqué.

Venus pour négocier avec l’autorité de l’Etat, les promoteurs proposent de leur trouver un autre site plus large pouvant contenir les commerçants qui seront déguerpis ou bien, leur accorder un délai raisonnable. « Un délai qui va nous permettre de continuer nos activités au marché de la jeunesse et récupérer l’argent déjà investi à hauteur de 350 millions FCFA. Par la suite, nous pouvons construire des bâtiments à niveaux sur le site de Paspanga, qui pourront non seulement contenir nos commerçants mais aussi les autres déjà sur place » , a-t-il proposé.

En rappel, ces commerçants avaient été informés par l’Office national du contrôle des aménagements et des constructions, sous la direction générale du ministère de l’Urbanisme et de l’habitat, de la nécessité de déguerpir le site du marché de la jeunesse. Et le mardi 22 octobre, une opération de démolition partielle avait été effectuée puis ce même jour, ils ont reçu une lettre de mise en demeure les enjoignant de remettre en état initial, les deux parcelles concernées, dans un délai maximum d’un mois. Passé ce délai, des mesures de déguerpissement forcé seraient prises à leurs frais.

« Nous tenons à présenter nos sincères excuses au Président du Faso et à son gouvernement pour tout inconvénient ou malentendu occasionné. Nous comprenons les enjeux complexes liés à l’aménagement du territoire et à la régulation des activités commerciales dans cette zone. Nous avons en effet engagé ce projet sans une connaissance suffisante des réglementations en vigueur concernant la ZACA. Nous reconnaissons l’importance de respecter les directives et nous-nous engageons à collaborer de manière transparente avec le gouvernement », avait déclaré monsieur Tassembédo lors de la conférence de presse du 5 novembre dernier.

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