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JEPPC – Souveraineté alimentaire : La production, la transformation et la transformation des produits locaux au cœur d’un panel

 

Le Laboratoire Citoyenneté en collaboration avec le Réseau des Organisations Paysannes pour une Synergie d’Actions au Burkina (ROPSA-B) a tenu ce jeudi 8 octobre 2026 à Fada N’Gourma un panel sur la problématique de la production, la transformation et la commercialisation des produits locaux. Cette activité qui se tient dans le cadre de la deuxième (2ème) phase de la troisième (3ème) édition des Journées d’Engagement Patriotique et de Participation Citoyenne (JEPPC) a été présidée par le gouverneur de la région de l’Est, représenté par son Secrétaire général, Siaka Ouattara ; en présence de plusieurs autorités régionales.


« Produisons Burkinabè, consommons Burkinabè : faisons de chaque achat un acte de souveraineté ». C’est sous ce thème que se tient cette deuxième (2
ème) phase de la troisième (3ème) édition des Journées d’Engagement Patriotique et de Participation Citoyenne (JEPPC). En collaboration avec le Réseau des Organisations Paysannes pour une Synergie d’Actions au Burkina (ROPSA-B), le Laboratoire Citoyenneté a donné un écho supplémentaire à ces Journées, ce jeudi 8 octobre 2026 à Fada N’Gourma. Ils ont tenu un panel autour de la question de la production, de la transformation et de la commercialisation des produits locaux, particulièrement dans la partie Est du Burkina Faso. La cérémonie officielle d’ouverture du panel a été présidée par le Gouverneur de la région du Gulmu, représenté par son Secrétaire général SiakaOuattara. Il a salué le choix de la région pour la tenue du panel et la pertinence des thématiques abordées. Le Gouverneur de la région du Gulmu par la voix de son Secrétaire général a en outre rassuré quant à l’engagement des autorités aussi bien nationales que régionales à produire davantage, transformer de façon qualitative et encourager la consommation locale des produits transformés.

Au cours du panel, le directeur régional de l’Agriculture du Gulmu, Bassirou Mandé a abordé le volet production. Parmi les obstacles auxquels les acteurs font face, il a cité la maîtrise de l’eau et l’aménagement hydro-agricole, la mécanisation d’une agriculture encore largement pratiquée à la daba, la disponibilité du fourrage, la santé animale et l’approvisionnement en intrants. Face à ces contraintes, l’État a engagé plusieurs actions dont notamment l’opérationnalisation des Brigades de mécanisation agricole dans les communes, la réalisation de forages à gros débit, la distribution d’intrants de qualité. S’y ajoutent des aménagements de diguettes réalisés par les communautés elles-mêmes, dans le cadre de l’initiative « Tim Tanswane » (« travaillons ensemble »). Bassirou Mandé a précisé que pour que l’ensemble des actions puissent produire l’effet escompté, il faut arriver à aligner les interventions des différents acteurs, que sont les associations, les projets et programmes, les services techniques et les producteurs familiaux entre autres, sur les orientations de l’Etat. Il a également invité les producteurs à s’organiser en sociétés coopératives, à s’entraider pour les aménagements, à céder à prix accessible les terres qu’ils n’exploitent pas et à souscrire à l’assurance agricole. « Sans engagement ni patriotisme, l’autosuffisance alimentaire sera difficile à atteindre », a-t-il averti.

Pour ce qui est du volet de la transformation, le directeur régional de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, BoukaréOuedraogo, a présenté la palette des produits locaux commercialisés dans la région du Gulmu. Il s’agit entre autres de céréales transformées en farines, en couscous, ou en bière traditionnelle, des légumineuses et oléagineux (niébé, arachide, sésame), produits laitiers et carnés, poisson, condiments, produits forestiers non ligneux, miel et dérivés. Les forces de ces produits reposent essentiellement sur leur authenticité, le savoir-faire local et le faible recours aux produits chimiques. Cependant, ils font face à des contraintes qui ont pour noms emballage de piètre qualité, faiblesse dans l’étiquetage, l’informalité et l’accès limité au financement. Boukari Ouédraogo a fait par ailleurs savoir que la commande publique, la demande urbaine et sous-régionale, les foires et les plateformes numériques constituent autant d’opportunités de débouchés pour les acteurs de la transformation des produits locaux. Les menaces tiennent à la concurrence des produits importés et au coût du transport et des intrants. Toutefois, il a déploré la dépendance du pays à l’égard de l’extérieur pour les emballages, ainsi que la difficulté à faire certifier les instruments de pesage. Pour conquérir le marché, a-t-il rappelé, les produits doivent satisfaire à des exigences d’hygiène, de qualité vérifiée par des analyses, d’étiquetage et de traçabilité.

Les échanges à bâtons rompus avec les acteurs de la production et de la transformation de ces produits ont permis de mieux appréhender l’écosystème et dégager des perspectives pour réussir à faire de la production, de la transformation et de la consommation des produits locaux une réalité au Burkina Faso.

Dans son allocution, le président du ROPSA-B, Jules Zongo, a expliqué qu’il est important d’accorder une place de plus en plus importante aux produits forestiers non-ligneux. Il a fait savoir qu’ils ont longtemps été relégués au second rang, mais sont aujourd’hui très recherchés dans les différents restaurants tout comme lors des séminaires. Pour le néré, par exemple, la cueillette ne suffit plus, il faut aussi planter davantage d’arbres afin de pouvoir faire des cueillettes encore plus importante les années à venir. Jules Zongo a par ailleurs fait savoir que pour ce qui est de la transformation, la technologie existe et les acteurs de la transformation ont le savoir-faire, ils n’attendent que les consommateurs expriment leurs besoins « Si les acteurs s’engagent à consommer ces produits, la production et la transformation suivront. » a lancé le Président Zongo.

Instituées en 2024 dans le prolongement de la Semaine nationale de la citoyenneté, les Journées d’Engagements Patriotiques et de Participations Citoyennes (JEPPC) se tiennent deux (2) fois par an. Elles entendent raviver la fibre patriotique des Burkinabè, par la sensibilisation autant que par des actes concrets.

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