Mortalité maternelle au Burkina : la SOGOB mise sur l’innovation et la veille citoyenne pour briser la fatalité

 

Dans une dynamique de lutte acharnée contre la mortalité maternelle, la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB) a franchi une étape décisive les 8 et 9 avril 2026 à Ouagadougou. Grâce au soutien technique et financier de la Fondation Gates, l’organisation a réuni durant 48 heures des acteurs de la société civile et des professionnels des médias pour un atelier stratégique consacré à la mise en place d’un mécanisme de veille citoyenne sur l’hémorragie du post-partum (HPP). Cette initiative, fruit d’un partenariat engagé, vise à créer une synergie d’action capable d’accompagner les efforts du gouvernement et de s’assurer que, d’ici l’échéance de 2030, plus aucune femme au Burkina Faso ne perde la vie en la donnant.

 

L’enjeu est de taille : en Afrique de l’Ouest, le taux de mortalité maternelle stagne autour de 691 décès pour 100 000 naissances vivantes. Pourtant, la SOGOB part d’un principe fondamental : tous ces décès sont évitables. Au cœur de cette tragédie silencieuse se trouve l’hémorragie du post-partum, définie par une perte de sang excessive après l’accouchement. Depuis plus de quatre décennies, elle demeure la première cause de mortalité chez les accouchées. Pour le Pr Charlemagne Ouédraogo, président de la SOGOB, l’atteinte des objectifs internationaux, qui fixent le seuil de décès bien en dessous des taux actuels, impose une intensification des interventions et, surtout, une dose massive d’innovation.

Pr Charlemagne Ouédraogo, président de la SOGOB

L’innovation prônée par la SOGOB est à la fois stratégique et médicale. Si l’ocytocine a longtemps été le rempart principal contre l’hémorragie, ses limites sont aujourd’hui criantes dans un contexte climatique difficile. Étant thermosensible, ce produit exige une chaîne de froid rigoureuse, souvent défaillante dans les zones reculées ou en situation d’adversité. C’est pourquoi la SOGOB mène un plaidoyer vigoureux pour l’adoption de la carbétocine thermostable. Cette nouvelle molécule, résistante à la chaleur, représente un espoir concret pour sécuriser les accouchements sur l’ensemble du territoire national, garantissant l’efficacité du traitement même là où l’électricité fait défaut.

 

Sur l’urgence d’agir, le Pr Charlemagne Ouédraogo pense que « le rendez-vous international de 2030 n’est pas qu’une simple date sur un calendrier, c’est un impératif moral. Nous devons intensifier nos actions pour que mourir en donnant la vie ne soit plus une réalité au Burkina Faso. Notre objectif est clair : descendre sous le seuil des 70 décès pour 100 000 naissances vivantes. »

 

En tant que société savante, la SOGOB a choisi d’impliquer la société civile pour créer une synergie forte. L’objectif est que les acteurs communautaires s’approprient les problématiques de santé de la reproduction pour accompagner efficacement le gouvernement dans la sensibilisation et le plaidoyer.

 

« Nous faisons ce plaidoyer pour que nous puissions enfin parler le même langage. En donnant les bonnes informations à la société civile sur les innovations actuelles, nous accélérons ensemble la réduction de la mortalité maternelle. Je salue cette mobilisation massive qui prouve que la lutte contre l’hémorragie du post-partum est devenue une priorité partagée », a soutenu le Président de la SOGOB, parlant de l’engagement collectif.

 

 

En associant la société civile à ce combat, la SOGOB entend transformer chaque citoyen en acteur de la veille sanitaire. En dotant ces partenaires d’informations techniques et pertinentes sur les nouvelles solutions médicales, l’organisation s’assure que le plaidoyer pour la santé reproductive porte plus loin. L’objectif ultime dépasse les chiffres et les molécules : il s’agit de s’assurer que l’arrivée d’un nouveau-né ne soit plus jamais synonyme de deuil pour une famille, et que l’innovation médicale devienne le bouclier qui protège le droit fondamental de chaque mère à la vie.

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