Le Centre culturel islamique du Burkina Faso (CCIB) a officiellement lancé, ce jeudi 24 septembre 2026 à Ouagadougou, l’édition 2026 des Journées des sonorités traditionnelles d’inspiration islamique. Organisée dans le cadre du projet « Djama Béog Néré », la rencontre se tient les 24 et 25 septembre autour du thème : « Sonorités traditionnelles d’inspiration islamique : héritage culturel, expressions artistiques et contribution à la cohésion sociale ».
Pendant 48 heures, plus d’une centaine de participants prennent part à des échanges thématiques, des partages d’expériences, des témoignages, une parade de rue et une soirée culturelle. À travers ces activités, le CCIB entend mettre en lumière un patrimoine culturel immatériel souvent transmis de génération en génération, tout en réfléchissant à son rôle dans la promotion de la paix, de la tolérance et du vivre-ensemble.

Selon le coordonnateur national du CCIB, l’imam Alidou Ilboudo, des expressions comme le dodo, le mansés, le salou, le tarkaye, le yarm et le gassid ont longtemps constitué des espaces de sociabilité et de rencontre entre différentes communautés. Il estime que leur valorisation peut contribuer à renforcer les repères culturels de la jeunesse et à favoriser le rapprochement entre les populations.
Les travaux abordent également la question des rapports entre musique, chant et doctrine islamique. Pour les organisateurs, il s’agit notamment d’ouvrir un dialogue avec les savants musulmans sur les contours doctrinaux de ces pratiques, tout en prenant en compte les réalités des jeunes artistes musulmans. « Nous avons des jeunes chanteurs musulmans qui portent la foi et l’art et qui se retrouvent effectivement sur la scène commerciale. Il faut donc réfléchir à la manière de concilier l’expression artistique et les exigences de la foi », a expliqué Alidou Ilboudo.

Représentant le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, le conseiller technique Abdoulaye Dioni a, pour sa part, insisté sur la portée sociale de cette initiative. Selon lui, les chants et rythmes traditionnels ne sont pas obsolètes, mais peuvent contribuer à la construction de la paix et à la transmission des valeurs. Il a notamment souligné l’importance de recréer des espaces de rencontre capables d’offrir aux jeunes des repères face aux discours de haine et de division.
La cérémonie d’ouverture a également été marquée par une conférence inaugurale consacrée à l’héritage culturel islamique dans la construction du Burkina Faso, avec des réflexions sur son histoire, sa transmission et sa contribution au vivre-ensemble.

À travers ces journées, le CCIB souhaite ainsi faire de la culture un espace de dialogue entre générations et communautés, tout en œuvrant à la préservation et à la transmission du patrimoine culturel d’inspiration islamique aux générations futures.

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