La Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB) a ouvert, ce mercredi 1er juillet 2026 à Ouagadougou matin à Ouagadougou, un atelier de plaidoyer de 48 heures à l’intention des députés de l’Assemblée législative de Transition (ALT). Prévu pour se dérouler les 1er et 2 juillet 2026, ce cadre d’échanges vise à mobiliser la représentation nationale pour l’adoption d’innovations médicales majeures, capables de stopper l’hémorragie du post-partum, première cause de mortalité maternelle dans le pays.
Malgré une baisse d’un tiers du ratio de mortalité maternelle au cours des deux dernières décennies, les chiffres restent alarmants au Burkina Faso. Le pays enregistre encore près de 198 décès pour 100 000 naissances vivantes. À l’échelle mondiale, ce fléau arrache la vie à environ 45 000 femmes chaque année.

Au niveau national, l’hémorragie du post-partum représente à elle seule près de trois décès maternels sur dix. C’est face à cette urgence sanitaire que la SOGOB a jugé capital d’engager un dialogue direct avec les législateurs, à seulement 44 mois de l’échéance des Objectifs de développement durable (ODD), qui prévoient de passer sous la barre des 70 décès pour 100 000 naissances d’ici 2030.
Pour la SOGOB, cet atelier dépasse le simple constat pour proposer des solutions concrètes et adaptées aux réalités du terrain. Le président de la société savante, le Professeur Charlemagne Ouédraogo, a mis en lumière une innovation thérapeutique majeure : la carbétocine thermostable.

« Contrairement à l’ocytocine, utilisée depuis des décennies mais qui exige une chaîne de froid rigoureuse, la carbétocine thermostable conserve son efficacité à température ambiante, y compris dans les conditions climatiques les plus exigeantes de notre pays », a-t-il expliqué.
Dans un contexte marqué par les défis d’accès continus à l’énergie dans certaines formations sanitaires et par l’insécurité qui isole certaines régions, cette molécule recommandée par l’OMS s’impose comme une révolution. Elle permet de mettre un traitement préventif efficace à la disposition de chaque accoucheuse, jusque dans les Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) les plus reculés.
Cependant, pour que cette avancée scientifique sauve des vies, elle doit être intégrée dans la liste nationale des médicaments essentiels, budgétisée et déployée à grande échelle. C’est à ce niveau précis que le rôle des députés devient stratégique. En plus de la carbétocine, le plaidoyer englobe d’autres outils cruciaux comme le misoprostol, l’acide tranexamique et les kits de quantification objective des pertes sanguines.

Présente à la cérémonie d’ouverture, Esther Bamouni/Kansono, coordonnatrice du Réseau des parlementaires burkinabè en santé, population et développement, a exprimé la pleine adhésion des députés à cette cause. Elle a rappelé la responsabilité éthique et politique qui incombe à la représentation nationale face à ce fléau.
« En voyant le thème, aujourd’hui aucune femme ne doit perdre la vie en donnant la vie. Ce thème nous interpelle. En tant que parlementaires, nous sommes chargés de voter les lois, de contrôler l’action gouvernementale et de consentir l’impôt. C’est de notre devoir d’accompagner la SOGOB pour que ce fléau soit derrière nous, qu’il devienne de l’histoire un jour au Burkina Faso », a-t-elle déclaré.
Mme Bamouni/Kansono a formulé le souhait qu’au terme de ces 48 heures de travaux, l’ensemble de ses collègues s’approprient les mécanismes de prévention de ces décès et s’engagent fermement à user de leurs prérogatives pour augmenter les ressources budgétaires en faveur de la santé.
Pendant deux jours, les participants passeront au crible les goulots d’étranglement qui freinent l’accès à des soins obstétricaux de qualité, afin de formuler des résolutions fortes. Grâce à ce partenariat renouvelé entre scientifiques et politiques, l’espoir est permis pour qu’au Burkina Faso, donner la vie ne soit plus synonyme de perdre la vie.

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