Rapport de suivi des dépenses budgétaires : le CERA-FP présente ses résultats d’étude

 

Une conférence publique s’est tenue ce vendredi 27 mai 2022 à Ouagadougou sur les résultats du rapport de suivi budgétaire. Cette rencontre a réuni les membres de la plateforme des OSC sur la justice fiscale, des acteurs de la société civile et les Ministères en charge des secteurs de la santé, l’éducation, de la protection sociale.

Dans le cadre du projet « Renforcement des bonnes pratiques et des mobilisations citoyennes
en faveur de politiques publiques adaptées à la réduction des inégalités au Sahel », le Centre d’études et recherche appliquée en finances publiques (CERA-FP) a commandité un rapport de suivi des dépenses budgétaires des secteurs sociaux de base (santé, éducation, protection sociale) de l’exercice budgétaire 2021. C’est un rapport de suivi citoyen de l’exécution des budgets alloués aux services publics essentiels. Les résultats de cette étude sont disponibles.

Au Burkina Faso, de nombreux engagements internationaux ont été pris pour une amélioration des allocations budgétaires destinées à la délivrance des biens et services publics dans les secteurs sociaux notamment, l’engagement d’allouer au moins 20% du budget national pour le secteur de l’éducation ; l’engagement d’allouer au moins 15% du budget national pour le secteur de la santé ; l’engagement d’allouer 3,5% du budget national pour la protection sociale. Ces engagements ne sont pas toujours respectés. Entre 2016 et 2019, l’Etat burkinabé a alloué annuellement en moyenne 36,72% de son budget aux dépenses sociales (éducation, santé et agriculture) soit 10,01% en moyenne au ministère de la Santé ; 14,88% en moyenne au MENAPLN et 21,53% pour l’ensemble du secteur de l’éducation. Mais l’on constate une non amélioration des indicateurs sociaux. Le niveau de consommation budgétaire est souvent en deçà des prévisions, ce qui est paradoxal au regard des défis à relever dans les différents secteurs.

Pour relever les défis, le CERA/FP s’est engagé à faire en sorte que la chaine de la dépense publique soit la plus efficace et la plus transparente possible et à lutter pour la définition de politiques plus justes afin d’assurer aux citoyens burkinabé un environnement ou leurs droits socioéconomiques sont les mieux garantis. Le présent rapport de suivi répond à cet impératif et s’inscrit dans le cadre du projet «Renforcement des bonnes pratiques et des mobilisations citoyennes en faveur de politiques publiques adaptées à la réduction des inégalités au Sahel » mise œuvre en partenariat avec l’Agence Française de Développement (AFD) et OXFAM au Burkina.

La production et la mise à disposition de ce rapport de suivi budgétaire vise à faciliter l’accès des organisations de la société civile aux données budgétaires pour leur permettre d’organiser leurs actions de plaidoyer et d’assurer au mieux leur rôle de veille, d’interpellation et de suivi des engagements de l’Etat en faveur des secteurs sociaux (santé, éducation, protection sociale). La conduite de cette mission a nécessité la mise en place d’une équipe technique composée des cinq
(05) membres du Centre. Elle a procédé à l’analyse de l’exécution budgétaire de 2020 et de 2021 et
des prévisions de 20202022 des secteurs de la Santé, de l’éducation et de la protection sociale. La méthode de travail a consisté en trois (03) étapes en l’occurrence, rencontre de cadrage, collecte traitement et analyse des données, rédaction et validation du rapport.

En ce qui concerne l’analyse globale du budget de l’Etat de 2020 à 2022, nous constatons que le budget de l’État, exercice 2020, est arrêté en recettes à 2057,80 milliards francs CFA et en dépenses à la somme de 2532,76 milliards francs CFA dégageant ainsi, un besoin de financement de 474,97
milliards francs CFA. En 2021, le budget de l’État a été arrêté en recettes à 2131,98 milliards de francs CFA et en dépenses à la somme de 2672,78 milliards de francs CFA affichant pour l’année concernée un déficit budgétaire de 540,80 milliards francs CFA. Enfin, le budget 2022 a été adopté en recettes à 2349,11 milliards francs CFA et en dépenses à la somme de 2919,15 milliards de francs CFA dégageant à son tour pour ladite année, un gap de financement de 570,04 milliards FCFA. L’analyse des recettes totales de l’Etat indique un accroissement annuel moyen de 6,84% sur la période sous revue.

Aucune description disponible.

A l’image des recettes, les dépenses totales se sont accru entre 2020 et 2022 en affichant un
accroissement annuel moyen de 7,36% sur la période. Ces évolutions quoique positives sont à considérer avec modération. En effet, le déficit budgétaire se situe en moyenne de 528,60 milliards francs CFA sur la période avec un accroissement annuel moyen de 9,55%. Ce niveau est très important et suscite des inquiétudes sur le réalisme et la sincérité des prévisions budgétaires sur la période concernée.

Le Secrétaire exécutif du CERA-FP, DOANIO Hermann a souligné que l’objectif général de cet atelier est de présenter et partager les résultats de suivi budgétaire avec les acteurs des différents secteurs sociaux de base (santé, éducation et protection sociale). “Il s’est agi de présenter aux acteurs des secteurs sociaux de base, les résultats du rapport de suivi budgétaire, d’échanger avec eux sur les résultats du rapport et enfin partager ledit rapport aux différents participants“, a-t-il laissé entendre. Il a fait savoir que ce projet est mis en œuvre au niveau du Burkina Faso, du Tchad, du Niger et du Sénégal. “Pour ce qui est du cas du Burkina, ce projet est mis en œuvre par un consortium de trois organisations à savoir le Balais citoyen, l’association des femmes juristes et le CERA-FP, avec le financement de l’Agence française de développement (AFD)” , a soutenu monsieur DOANIO.

A l’issue de ce rapport, des recommandations ont été formulées. A l’endroit de l’Etat, il s’agit d’accroître les dotations au profit de la santé et de la protection sociale au regard des défis de développement de capital humain, instaurer une culture de résultats basée sur les indicateurs smart sectoriels, responsabiliser les responsables de programmes avec des contrats de performance et des pouvoirs d’exécution budgétaire efficace, créer un service en charge de l’accessibilité de l’information budgétaire, traduire et diffuser le budget dans les différentes langues du pays, assurer le respect du calendrier budgétaire et la pleine participation des acteurs, fixer des cibles d’affectation budgétaire par secteur et sur trois ans, alléger les procédures de passation des marchés, renforcer la gouvernance, instaurer dans le calendrier budgétaire la concertation avec les OSC sectoriels et réaliser un audit social des dépenses concernées.

Quant au niveau des OSC, il faut renforcer leur capacité en budget et analyse budgétaire pour un suivi citoyen efficace du budget, assurer une large diffusion du guide de suivi citoyen des budgets des secteurs sociaux, élaborer une stratégie de plaidoyer et de lobbying pour influencer les affectations
budgétaires, réaliser des analyses spécifiques par programme ou actions des secteurs sociaux, établir un partenariat avec les structures techniques pour faciliter la collecte de données et l’analyse, élaborer un tableau de bord de suivi citoyen de certains indicateurs sociaux, produire des capsules vidéo en langues locales sur la base du budget citoyen pour faciliter l’appropriation du budget par les citoyens et le suivi des ressources allouées aux secteurs sociaux.

 

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