Coopération Belgique–Burkina Faso : Maxime Prévot au contact des résultats et des réalités du terrain

(Ouagadougou, août 2026)

Le vice premier ministre belge par ailleurs ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a effectué une visite au Burkina Faso, marquée par des échanges avec les autorités burkinabè et une série de visites de terrain. De la coopération institutionnelle aux initiatives agricoles, sanitaires et sociales, cette tournée a permis au ministre de mesurer concrètement l’impact des actions soutenues par la Belgique et ses partenaires auprès des populations. Une démarche placée sous le signe du dialogue, du partenariat et surtout des résultats, que le ministre résume par une formule : « Il faut une diplomatie de l’action. »

La mission de Maxime Prévot a débuté par des audiences avec les autorités et différents interlocuteurs burkinabè. Ces échanges ont porté sur l’état des relations entre la Belgique et le Burkina Faso, les priorités communes ainsi que les enjeux liés au contexte actuel. À travers ces rencontres, les deux parties ont réaffirmé l’importance du dialogue et d’un partenariat respectueux des priorités définies par les autorités burkinabè.

Le ministre belge a d’ailleurs rappelé que la Belgique et le Burkina Faso entretiennent une coopération de longue date, forte de plus de 50 années de partenariat. Il a assuré que son pays entend rester un partenaire fiable, y compris dans les périodes difficiles.

La deuxième séquence de la visite s’est déroulée au sein d’Enabel, où Maxime Prévot a pu découvrir les résultats de plusieurs interventions du programme de coopération gouvernementale 2023-2027, doté de 31,5 millions d’euros. Lancé en novembre 2023, ce programme vise notamment à renforcer la résilience socio-économique et l’autonomisation des populations, à améliorer l’accès aux services essentiels, notamment la santé, l’éducation et l’assainissement, et à renforcer la cohésion sociale. Les femmes, les jeunes, les personnes déplacées internes et les autres groupes vulnérables figurent parmi les principaux bénéficiaires.

La présentation à Enabel s’est voulue participative. Au-delà des données et des projets, le ministre a pu échanger directement avec les partenaires burkinabè chargés de la mise en œuvre des différentes interventions. L’objectif était de montrer les changements obtenus, les méthodes utilisées et l’ancrage des actions dans les réalités locales. Un nouveau programme de coopération bilatérale de cinq ans est par ailleurs en préparation.

La visite a également permis de mettre en lumière les interventions de BIO, l’institution belge de financement du développement. Dans le secteur agro-industriel, BIO a notamment contribué à hauteur de 3 millions d’euros au financement de Gebana Faso, pour la construction d’une unité de transformation de noix de cajou et de mangues séchées à Bobo-Dioulasso.
AgroServ Industrie, spécialisée dans la transformation du maïs, a également bénéficié d’un financement de 3 millions d’euros, en partenariat avec le fonds européen EDFI AgriFI, afin d’accroître ses capacités de production. Dans le domaine de l’inclusion financière, BIO accompagne notamment ACEP Burkina Faso, qui octroie des crédits aux micro, petites et moyennes entreprises. L’institution belge a également pris une participation de 20 millions d’euros dans Coris Holding, avec pour objectif de renforcer sa capacité financière à soutenir les PME et la création d’emplois dans l’espace UEMOA. À travers ces investissements, la Belgique entend contribuer au développement du tissu économique burkinabè, au renforcement des chaînes de valeur locales et à la création d’opportunités d’emploi.

La tournée s’est poursuivie à Korsimoro, où , la visite de Maxime Prévot a tout d’abord été marquée par une rencontre avec les autorités locales. Cette visite de courtoisie a permis au ministre belge de s’enquérir de la situation de la région, d’échanger sur les principales réalités auxquelles sont confrontées les populations et de prendre connaissance des interventions soutenues par la Belgique. Les discussions ont ainsi porté sur les besoins du terrain et sur les perspectives de renforcement de l’accompagnement au profit des communautés locales.

Toujours à Korsimoro le vice premier ministre de la Belgique a visité une ferme agro-pastorale soutenue par la Belgique dans le cadre d’un projet régional de la FAO consacré au renforcement de la résilience des ménages vulnérables face aux effets du changement climatique.

Mis en œuvre dans les régions du Nord, du Centre-Nord et du Sahel sur la période 2022-2027, le projet bénéficie directement à 19 ménages, dont 17 hommes et 2 femmes. Il repose sur une approche intégrée combinant agriculture résiliente, élevage, pisciculture, agroécologie, gestion de l’eau et renforcement des capacités.

Les bénéficiaires ont notamment bénéficié d’équipements, d’un accompagnement pour améliorer leurs capacités de stockage ainsi que d’un accès aux intrants agricoles.

Présent lors de la visite, Mathieu OUEDRAOGO, coordinateur de projet à la FAO, a présenté au ministre les différentes activités conduites sur la ferme et les résultats obtenus. Il a toutefois souligné que l’intervention ne se limite pas au site agro-pastoral. D’autres infrastructures ont été réalisées dans la région, notamment des boulis à usages multiples, un forage et un château d’eau destiné à l’approvisionnement des populations en eau potable.

Ces réalisations viennent renforcer les capacités des communautés à faire face aux effets du changement climatique et à améliorer durablement leurs conditions de vie. Le coordinateur de projet a, par ailleurs, réaffirmé l’engagement de la FAO à poursuivre son accompagnement des populations bénéficiaires.

Pour Maxime Prévot, la visite de Korsimoro répondait à une volonté claire : sortir du cadre institutionnel pour aller à la rencontre des populations et constater directement les effets de la coopération.

« Il est important pour moi de ne pas rester uniquement dans la capitale, mais de pouvoir aller au contact de la population, au plus proche de ces réalisations, au cœur du pays », a-t-il expliqué, tout en remerciant les autorités burkinabè pour avoir facilité l’organisation de ces visites.

Le ministre belge a particulièrement relevé les effets du système d’irrigation et du pompage de l’eau. Selon lui, ces infrastructures offrent désormais aux bénéficiaires la possibilité d’effectuer trois à quatre récoltes par an, contre une seule auparavant. Une évolution qui, à ses yeux, traduit concrètement l’impact de la coopération sur les conditions de production et les moyens de subsistance.
« Ce que je veux, moi, c’est une coopération internationale du résultat, pas juste des grands discours », a-t-il affirmé, avant de résumer sa démarche par le concept de « diplomatie de l’action ».

La tournée du ministre belge l’a également conduit dans un centre de prise en charge nutritionnelle soutenu par l’UNICEF. Cette étape a permis de mettre en lumière l’appui apporté au système national de santé dans la lutte contre la malnutrition. L’UNICEF intervient notamment à travers l’approvisionnement en intrants, l’assistance technique, l’amélioration de la qualité des soins et le renforcement de la coordination entre les différents acteurs.

Pour 2026, l’organisation prévoit la prise en charge d’environ 150 000 enfants souffrant de malnutrition sévère au Burkina Faso. La Belgique contribue au financement des ressources générales de l’UNICEF à hauteur d’environ 11 millions d’euros par an. Il ne s’agit donc pas d’un financement belge spécifiquement affecté au centre visité.

Sur place, Maxime Prévot a échangé avec les professionnels de santé sur les difficultés rencontrées dans la prise en charge des enfants malnutris et sur les initiatives visant à améliorer les taux de guérison et à réduire la mortalité liée à la malnutrition aiguë sévère. Cette étape a également permis au ministre de rappeler que la santé constitue l’un des axes prioritaires de la coopération belge.

À Tiwega I, le ministre a découvert les actions du projet DGD-Humanitaire mis en œuvre par Oxfam, notamment à travers l’approche de la Protection à Base Communautaire. Deux structures ont été mises en place : le Comité de Protection Communautaire (CPC) et le Comité Communautaire des Femmes (CCF). Composées de personnes déplacées internes et de membres de la communauté hôte, elles contribuent au renforcement de la coexistence et de la cohésion sociale. Les membres de ces structures ont bénéficié de formations sur les questions de protection et d’un accompagnement dans l’élaboration de plans de protection communautaire. Des subventions ont ensuite permis de financer différentes initiatives, allant des campagnes de sensibilisation aux actions de plaidoyer auprès des autorités locales.

Ces interventions ont notamment contribué à une meilleure compréhension des enjeux de protection et à la réduction de certains risques, notamment ceux liés aux violences basées sur le genre. Dans une perspective de durabilité, quatre comités ont évolué vers des Sociétés Coopératives, leur permettant de développer des activités génératrices de revenus dans le petit commerce et la transformation ou commercialisation de produits locaux. Le site a également bénéficié de l’installation de lampadaires solaires, destinés à améliorer les conditions de vie et à réduire certains risques auxquels sont exposées les femmes, les filles et les enfants.

La dernière étape de la tournée a conduit Maxime Prévot au Centre d’écoute et de réinsertion socioéconomique des femmes et des filles de Kaya. À travers le projet DGD-Humanitaire, au moins 250 femmes et filles ont bénéficié d’un accompagnement et de formations professionnelles dans plusieurs domaines, notamment le tissage, le perlage et la coupe-couture.

Le centre a également bénéficié d’un appui matériel destiné à améliorer les conditions d’accueil et de prise en charge, avec notamment la fourniture de nattes et l’installation d’un réservoir d’eau de type Polytank.
Au contact des bénéficiaires, le ministre belge a insisté sur la portée économique et sociale de ces actions.

« C’est de la coopération concrète », a-t-il déclaré, estimant que la formation permet aux femmes d’accéder à l’emploi, de générer des revenus pour leurs familles et de gagner en autonomie.
Maxime Prévot a notamment évoqué le témoignage d’une bénéficiaire rencontrée sur place. Celle-ci lui a expliqué qu’avec l’accompagnement, notamment dans le cadre du partenariat belge avec Oxfam, elle avait commencé son activité à petite échelle avant de parvenir à créer aujourd’hui des ressources et des emplois pour une trentaine de personnes. Pour le ministre, cet exemple illustre l’effet multiplicateur que peut produire un appui initial lorsqu’il permet à une bénéficiaire de développer progressivement son activité et de devenir à son tour créatrice d’opportunités.

Au terme de sa tournée, Maxime Prévot a réaffirmé la volonté de la Belgique de poursuivre son engagement aux côtés du Burkina Faso
« La Belgique a plus de 50 années de coopération fructueuse avec le Burkina Faso et nous comptons bien continuer », a-t-il déclaré, rappelant avoir renouvelé cet engagement lors de son audience avec le chef de l’État burkinabè.

Le ministre a assuré que la Belgique entend rester un « partenaire fiable », y compris dans les périodes de turbulences. Il a insisté sur une coopération qui se veut respectueuse des priorités définies par les autorités burkinabè et qui vise à apporter un soutien aux populations sans se substituer aux acteurs nationaux.

Ayant pris part à cette visite ministérielle du vice premier ministre belge,Bernadette Adenyo/Sermé Gouverneure par intérim de la région des Koulsé a salué la visite du vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères au Burkina Faso, ainsi que l’engagement constant de la Belgique aux côtés du pays. Elle a souligné l’importance des actions soutenues par la coopération belge dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, la santé et le relèvement des populations. Pour elle, ce déplacement constitue une occasion de constater de visu les résultats et l’impact de ces investissements sur le terrain. Au nom des autorités burkinabè, elle a exprimé sa reconnaissance à la Belgique et à ses partenaires pour leur accompagnement en faveur du développement et du bien-être des populations.

De Korsimoro à Kaya, en passant par le centre nutritionnel et le site de Tiwega I, la tournée aura ainsi permis au ministre belge de confronter les engagements de coopération aux réalités du terrain : améliorer la production agricole et la résilience climatique, renforcer la prise en charge nutritionnelle, protéger les communautés vulnérables et favoriser l’autonomisation économique des femmes.
Ces différentes étapes ont également donné lieu à des échanges directs avec les acteurs de terrain, les professionnels et les bénéficiaires, permettant à Maxime Prévot de mesurer les effets concrets des interventions soutenues par la Belgique et ses partenaires.

Au-delà des chiffres et des programmes, le ministre belge retient donc une même exigence : une coopération qui produit des résultats et qui répond aux priorités du Burkina Faso. Une approche qu’il entend poursuivre à travers les ONG belges et les partenaires internationaux, dans les secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de la stabilité et du développement socio-économique.
« Il faut une diplomatie de l’action », a conclu Maxime Prévot, faisant de cette formule le fil conducteur de sa visite au Burkina Faso.

A l’issue de cette visite, le déplacement de Maxime Prévot aura permis de mettre en lumière la diversité et l’impact des actions de la coopération belge au Burkina Faso. De l’agriculture à la santé, en passant par le relèvement et l’accompagnement des populations, ces initiatives traduisent la volonté de la Belgique de poursuivre son soutien aux efforts de développement du pays. Une coopération que les autorités burkinabè souhaitent voir se consolider davantage, au bénéfice des populations et dans une dynamique de partenariat fondée sur des résultats concrets.

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