Ouagadougou franchit un cap historique dans la modernisation de sa sécurité routière. Depuis ce samedi 1er août 2026 à minuit, la verbalisation électronique (e-verbalisation) des infractions au Code de la route est officiellement entrée en vigueur dans la capitale burkinabè. Douze heures seulement après le lancement du dispositif, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, s’est rendu au Centre de supervision de la vidéoprotection pour dresser un premier bilan et constater l’effectivité du système.
Les premiers chiffres traduisent une activité intense et révèlent l’ampleur des mauvaises habitudes sur les axes de la capitale. Entre 00 h 00 et 12 h 00, les caméras de surveillance ont détecté plus de 1 000 infractions (entre 1 083 et 1 099 cas enregistrés selon la centralisation des données du centre). Ce volume impressionnant concerne quatre manquements ciblés en priorité : le non-respect de la signalisation lumineuse et des panneaux, le non-port de la ceinture de sécurité, l’excès de vitesse et l’usage manuel du téléphone au volant. À ce stade, cinq contrevenants se sont déjà acquittés de leur amende en ligne via la plateforme FASO ARZEKA.
Accueilli par le Directeur général des Transmissions et de l’Informatique, Zakaria Hebie, le ministre a suivi en temps réel le parcours complet d’une contravention, du repérage par les caméras intelligentes jusqu’à la validation du dossier et l’envoi de la notification à l’usager. Ce dispositif marque une rupture majeure avec les méthodes traditionnelles : la présence physique d’un agent sur la chaussée n’est plus indispensable pour constater un délit et verbaliser son auteur.
Pour les autorités, cette transformation numérique vise à garantir une application de la loi plus efficace, équitable et transparente. Le gouvernement entend déployer l’e-verbalisation sur l’ensemble du territoire communal de Ouagadougou avant de l’étendre aux autres grandes villes du pays. Pour décourager ceux qui tenteraient d’échapper au contrôle automatisé, le ministère de la Sécurité passe à la vitesse supérieure avec la création imminente d’une unité spécialisée.
« Nous allons lancer la Brigade de recherches et d’investigation de lutte contre l’insécurité routière », a averti le ministre Mahamadou Sana. « Tu as brûlé un feu en pensant qu’il n’y avait pas de Volontaire adjoint de sécurité (VADS) ou de policier ? Nous ferons des recherches, nous allons te retrouver, tu vas payer l’amende et nous te conduirons à Laabal pour exécuter des travaux d’intérêt général. »
Face à cette surveillance technologique permanente, le ministère rappelle que l’e-verbalisation reste avant tout un outil de prévention destiné à renforcer le civisme et à préserver des vies. Désormais, l’œil des caméras veille sans interruption, exigeant de chaque usager une rigueur absolue au volant.

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