Le Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso (CNEI-BF) a ouvert, ce samedi 18 juillet 2026 à Ouagadougou, les travaux de son premier Congrès national extraordinaire de l’année. Cette rencontre nationale réunit les représentants de l’organisation autour d’un objectif majeur : adapter les textes statutaires du CNEI-BF aux nouvelles dispositions de la loi sur la liberté d’association et renforcer sa gouvernance institutionnelle.
Cette révision des textes s’impose à la suite de l’entrée en vigueur de la loi n°11-2025/ALT du 17 juillet 2025 portant liberté d’association, promulguée par le décret n°2025-0959/PF du 6 novembre 2025. Ce nouveau cadre juridique impose aux associations légalement constituées de se conformer à de nouvelles exigences administratives et organisationnelles. En tant qu’organisation faîtière du secteur de l’économie informelle, le CNEI-BF entend ainsi mettre ses statuts et son fonctionnement en conformité avec cette législation.
Au-delà de cette mise à jour juridique, le congrès permettra également de dresser le bilan du renouvellement des bureaux régionaux de l’organisation et d’examiner plusieurs documents stratégiques destinés à orienter son action dans les années à venir.

Pour le président du CNEI-BF, Salifou Nikièma, cette rencontre constitue une étape importante dans la transformation de l’institution. Selon lui, l’ambition dépasse largement la simple révision des textes. Le Conseil souhaite s’affirmer comme une organisation de référence, capable de défendre efficacement les intérêts des acteurs de l’économie informelle, d’accompagner leur professionnalisation et de contribuer à la mise en œuvre des objectifs du Plan R.E.L.A.N.C.E à l’horizon 2030.
À cet effet, les congressistes se pencheront également sur le Plan stratégique de développement (PSD) du CNEI-BF. D’après Salifou Nikièma, ce document fixe les grandes orientations qui guideront les actions de l’organisation dans les prochaines années, en améliorant notamment la planification, la coordination et le suivi des interventions. Les participants auront aussi à examiner le bilan du renouvellement des bureaux régionaux, à valider la carte des membres et à renforcer leurs compétences grâce à une communication consacrée au leadership et au management des organisations associatives.
Le président du CNEI-BF a par ailleurs invité les congressistes à privilégier le dialogue, l’écoute et la recherche de consensus afin de parvenir à des décisions capables de consolider durablement l’organisation. Il s’est dit convaincu qu’à l’issue des travaux, le CNEI-BF disposera d’une gouvernance renforcée et sera mieux préparé à relever les défis liés à la représentation des acteurs de l’économie informelle au Burkina Faso.

Représentant les autorités du ministère en charge de l’Emploi, le directeur de l’économie informelle, Moussa Zoundi, a salué cette initiative. Il a exhorté les participants à veiller au respect des principes d’inclusion dans le processus de désignation des différentes instances dirigeantes. Revenant sur la nouvelle loi relative à la liberté d’association, il a insisté sur la nécessité pour le CNEI-BF de s’y conformer pleinement, tout en réaffirmant la disponibilité du ministère à accompagner techniquement l’organisation dans cette démarche.
Les travaux du congrès se déroulent exclusivement en séance plénière. Les projets de statuts et de règlement intérieur seront examinés article par article avant leur adoption. Une session de renforcement des capacités, animée par un expert, portera également sur le leadership et le management des organisations associatives au profit des membres du Bureau exécutif national et des bureaux régionaux.

L’un des temps forts de cette rencontre sera la présentation du nouveau Plan stratégique de développement du CNEI-BF. Élaboré selon une approche participative et aligné sur le Plan national de développement 2026-2030 R.E.L.A.N.C.E., ce document est le fruit d’un diagnostic réalisé en 2026. Il traduit la volonté de l’organisation de passer d’une structure essentiellement représentative, dépendante des financements extérieurs, à une institution capable de proposer des services concrets à ses membres tout en renforçant son autonomie financière.
Ce plan repose sur quatre axes stratégiques : le renforcement de la gouvernance institutionnelle et de l’autonomie financière, l’extension de la protection sociale avec une attention particulière aux femmes et aux jeunes, l’accompagnement de la transition vers l’économie formelle et l’amélioration de l’accès aux financements, ainsi que le développement du plaidoyer et des partenariats stratégiques. Son coût global est estimé à 1,019 milliard de FCFA sur cinq ans, avec un mécanisme de financement reposant à la fois sur les ressources propres de l’organisation et sur les contributions de l’État ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Le CNEI-BF entend également tirer parti de deux réformes majeures engagées par l’État : l’opérationnalisation du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), dont les prestations sont effectives depuis le 1er février 2026 avec une cotisation mensuelle de 4 000 FCFA pour les travailleurs du secteur informel, et la mise en place du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES) « Tõogo », présenté comme un guichet unique de financement.
À travers cette nouvelle dynamique, le Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso ambitionne de devenir, d’ici à 2030, une institution faîtière forte, crédible et financièrement autonome, solidement implantée dans les 17 régions du pays et capable d’accompagner durablement les travailleurs de l’économie informelle vers une meilleure protection sociale, la formalisation de leurs activités et un développement économique inclusif.

Soyez le premier à commenter sur "Le CNEI-BF engage sa réforme institutionnelle à travers un congrès national extraordinaire"