(Ouagadougou, 28 juillet 2026 )
Les jeunes femmes burkinabè ont réaffirmé leur engagement en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la défense de leurs droits à l’occasion de la Caravane nationale pour des agendas féministes « Jeunes Femmes, Paix et Cohésion sociale en Afrique de l’Ouest et au Sahel », organisée autour du thème : « Stop aux violences sexuelles et sexistes ». Cette initiative a rassemblé, le 28 juillet 2026 à Ouagadougou, des participantes issues d’organisations féminines, de mouvements associatifs, de structures communautaires et de la société civile, toutes unies autour d’un même objectif : renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre et promouvoir une participation accrue des femmes dans les processus de paix.
Organisée par la Marche Mondiale des Femmes – Action Nationale du Burkina Faso (MMF/ANBF) avec l’appui de partenaires techniques et financiers, cette caravane s’inscrit dans une dynamique régionale visant à faire des jeunes femmes de véritables actrices de changement. Elle entend renforcer leurs capacités, favoriser leur leadership et leur offrir un espace d’échanges sur les défis auxquels elles sont confrontées, notamment dans un contexte marqué par les crises sécuritaires, humanitaires et sociales qui affectent plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel.
Au Burkina Faso, où les conséquences de l’insécurité fragilisent davantage les femmes et les filles, les violences sexuelles et sexistes demeurent une préoccupation majeure. Qu’elles surviennent dans les familles, les établissements scolaires, les espaces publics ou encore dans les zones touchées par les conflits, ces violences portent gravement atteinte à la dignité des victimes, limitent leur accès à l’éducation, à l’emploi et à la participation citoyenne. Les organisateurs de la caravane estiment qu’il est indispensable de renforcer les actions de prévention, de sensibilisation et d’accompagnement afin de réduire durablement ce phénomène.

Pour rappel, la Marche mondiale des femmes (MMF) est un mouvement féministe international né en l’an 2000. Présent dans plusieurs dizaines de pays, il œuvre pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, la justice sociale, l’autonomisation économique des femmes ainsi que l’élimination de toutes les formes de violences à leur encontre. Au Burkina Faso, la MMF/ANBF fédère plusieurs organisations engagées dans la promotion des droits des femmes, du leadership féminin, de la paix et de la cohésion sociale.
Tout au long de la caravane, les participantes ont pris part à plusieurs communications animées par des personnes ressources. Les échanges ont porté sur les différentes formes de violences sexuelles et sexistes, leurs manifestations, leurs impacts psychologiques, sociaux, économiques et sanitaires, ainsi que sur les mécanismes de prévention, de dénonciation et de prise en charge des survivantes.
Les discussions ont également permis de rappeler que la lutte contre les violences basées sur le genre ne peut reposer uniquement sur les femmes. Les autorités publiques, les leaders communautaires et religieux, les organisations de la société civile, les hommes, les jeunes ainsi que les médias ont été identifiés comme des acteurs incontournables dans la promotion d’une société plus respectueuse des droits humains et de l’égalité.
L’un des temps forts de cette journée a été la prestation théâtrale présentée devant les participantes. À travers des scènes inspirées de situations vécues au sein des communautés, les comédiens ont mis en lumière les différentes formes de violences sexuelles et sexistes, les traumatismes qu’elles engendrent ainsi que les obstacles auxquels sont confrontées les victimes lorsqu’elles cherchent justice ou assistance.

Le spectacle a également insisté sur l’importance de briser le silence, de dénoncer les auteurs de violences et d’encourager les survivantes à recourir aux structures compétentes pour bénéficier d’une prise en charge adaptée. Saluée par le public, cette représentation artistique a constitué un puissant outil de sensibilisation, suscitant émotion, échanges et réflexion sur les responsabilités individuelles et collectives dans la lutte contre ces violences.
Prenant la parole au cours de la cérémonie, la coordinatrice de la MMF/ANBF, Bintou Dao, a souligné que cette caravane dépasse largement le cadre d’une simple campagne de sensibilisation.
« Cette caravane est un espace de mobilisation et de plaidoyer en faveur des droits des femmes et des filles. Nous voulons donner aux jeunes femmes les connaissances, les outils et la confiance nécessaires pour qu’elles deviennent des actrices du changement dans leurs communautés. La lutte contre les violences sexuelles et sexistes est une responsabilité collective qui exige l’engagement de tous. En renforçant le leadership des jeunes femmes, nous contribuons également à bâtir une paix durable et une cohésion sociale plus solide », a-t-elle déclaré.

Selon elle, investir dans le leadership des jeunes femmes constitue un levier essentiel pour construire des communautés plus résilientes, inclusives et solidaires. Elle a également invité les participantes à poursuivre les actions de sensibilisation au sein de leurs familles, de leurs associations et de leurs localités afin que le message porté par la caravane continue de produire des effets au-delà de cette rencontre.
À l’issue des travaux, plusieurs participantes ont exprimé leur satisfaction. Elles estiment avoir acquis de nouvelles connaissances sur les violences basées sur le genre ainsi que sur les mécanismes de prévention et de protection des victimes.
L’une d’elles affirme repartir avec une responsabilité accrue.
« Cette caravane m’a ouvert les yeux sur plusieurs formes de violences que beaucoup de personnes banalisent. Je repars avec des connaissances que je partagerai avec d’autres jeunes. Nous avons désormais le devoir de sensibiliser notre entourage, d’accompagner les victimes et de promouvoir le respect des droits des femmes afin que chacune puisse vivre sans peur », a-t-elle confié.
Au-delà des communications et des témoignages, cette caravane aura permis de consolider les réseaux de solidarité entre les organisations féminines et les jeunes engagées dans la promotion des droits humains. Elle constitue également une tribune pour porter un plaidoyer en faveur de politiques publiques plus inclusives, capables de garantir une meilleure protection des femmes et des filles contre toutes les formes de violences.
À travers cette initiative, la Marche Mondiale des Femmes – Action Nationale du Burkina Faso (MMF/ANBF) réaffirme son engagement à promouvoir les droits des femmes, à lutter contre les violences sexuelles et sexistes et à renforcer la participation des jeunes femmes aux initiatives de paix et de cohésion sociale. Les organisateurs espèrent ainsi contribuer à l’émergence de communautés plus justes, inclusives et résilientes, où les femmes et les filles pourront vivre dans la dignité, la sécurité et le plein exercice de leurs droits.

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