Le Conseil national de l’Économie informelle du Burkina Faso (CNEI-BF) a donné le coup d’envoi de la première édition des 72 heures de l’Économie informelle, ce mardi 14 avril 2026 à Ouagadougou. Prévu pour durer jusqu’au 16 avril, cet événement majeur se tient sous le haut patronage du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représenté pour l’occasion par le ministre des Serviteurs du peuple, Mathias Traoré. Durant ces trois jours, l’événement se veut un cadre privilégié de réflexion sur la contribution essentielle des acteurs du secteur informel à l’indépendance économique du pays.
Dans un Burkina Faso en quête de souveraineté totale, le secteur informel entend ne plus rester en marge. Sous le patronage du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représenté par le ministre des Serviteurs du peuple, Mathias Traoré, les acteurs de la petite économie ont entamé trois jours de réflexion (du 14 au 16 avril) autour du thème : « Défis sécuritaires et contributions fiscales dans un contexte de crise : quels apports du secteur informel ? ».
Pour Salifou Nikièma, président national du CNEI-BF, l’enjeu dépasse le simple cadre commercial. Dans un contexte de crise, le secteur informel est un levier de stabilité sociale. « L’économie informelle constitue une opportunité de saine occupation de notre jeunesse […] là où le chômage et la pauvreté constituent des terreaux fertiles vers l’extrémisme violent », a-t-il martelé lors de la cérémonie d’ouverture à la Place de la Révolution.
Représentant près de 55% du PIB national, ce secteur est qualifié de « cœur battant » de l’économie par les autorités. Cependant, sa forte prédominance (93,9% de la population active selon l’INSD) reste un défi pour l’assiette fiscale de l’État.
Le défi de la formalisation
L’un des axes majeurs de ces 72 heures est d’inciter les acteurs à sortir de l’ombre administrative. Le co-parrain de l’événement, Achille Roland Sow, président de la délégation spéciale de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI-BF), a été on ne peut plus clair : « La norme, c’est la formalisation ; l’informel doit être l’exception ».

Le ministre Mathias Traoré a abondé dans ce sens, soulignant que la formalisation n’est pas une contrainte fiscale, mais une « clé pour accéder aux marchés publics et protéger son activité ». Il a toutefois rappelé que cette dynamique doit s’accompagner d’une amélioration des conditions de vie des travailleurs, précisant que « travailler ne doit jamais signifier souffrir ou vivre dans la précarité permanente ».
Solidarité envers les Forces combattantes
Au-delà des panels portant sur la douane, les impôts et la coopération stratégique, cette première édition se veut patriotique. Des expositions de produits « Made in Burkina » mettent en avant le savoir-faire local, en phase avec la vision des plus hautes autorités du pays.
Signe de cet engagement, le CNEI-BF a couplé ses activités à une opération de don de sang. Cette initiative vise à soutenir les Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi que les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) engagés sur le front.
Durant ces 72 heures, les participants seront outillés sur leur rôle dans la mobilisation des recettes fiscales afin d’accompagner la dynamique de reconquête du territoire nationale prônée par le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré.

Entre don de sang pour les blessés du front et volonté d’élargir l’assiette fiscale, le secteur informel démontre qu’il est prêt à prendre toute sa place dans la marche vers la souveraineté. Pour ces milliers de travailleurs, l’enjeu des 72 heures est clair : transformer la résilience individuelle en une puissance économique collective au service de la Nation.

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