Education : L’UNEEP-L accuse le SG de l’enseignement supérieur d’abus d’autorité

 

L’Union nationale des établissements d’enseignement privés laïc (UNEEP-L) est la faîtière des structures des établissements d’enseignement privés non confessionnels. Elle regroupe les fondateurs d’établissements éducatifs. Son objectif, promouvoir et renforcer la qualité des enseignements privés. Dans la matinée de ce lundi 7 mars 2022, la structure a convié les journalistes à une conférence de presse. Une rencontre qu’elle intitule “abus d’autorité avec intention de nuire dont sont victimes, les Institutions privées d’enseignement supérieur (IPES) de la part du secrétaire général de leur ministère de tutelle“.

Le 19 octobre 2020, le ministère de l’enseignement supérieur a fait savoir à l’UNEEP-L que ses membres doivent opérer le choix d’un seul domaine de formation pour compter de la rentrée 2021-2022 parce que le décret N° 2018-1271/PRES/PM/MESRSI/MINEFID du 31 décembre 2018 portant organisation de l’enseignement supérieur, l’exigerait. L’UNEEP-L conteste le décret en disant qu’il s’agit d’une autre interprétation du décret car ce même décret précise à son article 8 que les instituts supérieurs et les grandes écoles sont des établissements d’enseignement supérieur et de recherche spécialisés dans des domaines ou des filières particulières. C’est là, le début d’une série d’échanges entre l’UNEEP-L et son ministère de tutelle sans qu’un terrain d’entente ne soit trouvé.

Ce, jusqu’au 10 décembre où l’UNEEP-L recevait une lettre du Secrétaire général (SG) donnant aux IPES jusqu’au 1er janvier 2021 (soit 3 semaines) pour se conformer aux termes de la lettre du 19 octobre 2020 sous peine de sanction. Il était question de choisir un seul domaine et fermer à terme les filières qui ne sont pas de ce domaine, de se transformer en université et ouvrir de nouvelles IPES. La réponse de l’UNEEP-L ne s’est pas faite attendre. Le 27 décembre, elle a rappelé que ses propositions faites dans les correspondances précédentes, sont restées sans suite et a sollicité une audience avec le Ministre pour échanger sur la question. Chose faite le 21 janvier et le ministre s’est engagé à poursuivre le dialogue et les concertations afin de trouver un commun accord. Et puis, le Secrétaire général sous la “bénédiction du coup d’Etat“ prend l’arène. Il est désormais chargé de l’exécution des affaires courantes du ministère.

Dr Désiré Nakoulma, président de l’UNEEP-L

Selon le Président de l’UNEEP-L, Dr Désiré Nakoulma, il rompt le dialogue dès son arrivée et prend des sanctions. « Une pénalité allant de 1 600 000 FCFA à 4 800 000 FCFA par IPES… La poursuite des sanctions qui avaient commencé depuis quelques temps dont le blocage des visas de publicité pour empêcher les IPES de communiquer sur leurs offres de formations, le blocage des dossiers d’ouverture de nouvelles filières pour freiner le développement des IPES, l’exigence que les IPES ferment les filières concernées sans aucune solution claire envisagée pour les étudiants déjà engagés dans cette formation depuis octobre 2021 », a cité le président Nakoulma. Est-ce cela l’expédition des affaires courantes, se demande Dr Désiré ? Pour l’UNEEP-L, elle est victime d’abus d’autorité de la part du secrétaire général du ministère de l’enseignement supérieur. A cet effet, elle dénonce cette situation qu’elle juge illégale. L’Union rappelle quelques points importants, c’est entre autres la reconnaissance de ses diplômes par la CAMES. Les IPES ont contracté des crédits, fait des investissements et recruté du personnel suite aux autorisations délivrées par le Ministère et ces crédits doivent être remboursés aux banques. Et le personnel ne peut pas et ne doit pas être licencié du jour au lendemain sans respect du code du travail. Transformer une IPES en université ne peut pas se faire en 3 semaines, surtout quand un autre texte oblige les enseignants du public à démissionner pour occuper des postes dans le privé.

Aux nouvelles autorités, l’Union invite à lever les sanctions, à privilégier le dialogue social et à se pencher sur les problèmes réels du système éducatif en l’occurrence, “la fermeture des écoles suite à l’insécurité, les arriérés de paiement des frais de scolarité des élèves et étudiants affectés par l’Etat dans les établissements privés, les effectifs pléthoriques dans les établissements publics“. « L’UNEEP-L reste déterminée et activement mobilisée à utiliser tous les moyens légaux à sa disposition pour défendre les intérêts de ses membres et de ses étudiants », a conclu le président de l’Union, Dr Désiré Nakoulma.

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