Hémorragie du post-partum : à Tenkodogo, la SOGOB veut renforcer le rôle des sages-femmes

 

Au Burkina Faso, l’hémorragie du post-partum continue de peser lourd dans les décès maternels. Pour mieux y faire face, la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB) veut davantage associer les sages-femmes à la réponse. Une démarche illustrée par un atelier organisé les 6 et 7 août 2026 à Tenkodogo.

 

Après Ziniaré, la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB) a poursuivi son initiative à Tenkodogo. Les 6 et 7 août 2026, 32 sages-femmes issues de formations sanitaires des zones de Fada N’Gourma, Manga et Tenkodogo ont pris part à un atelier consacré à l’hémorragie du post-partum (HPP), à ses conséquences et aux moyens de mieux la prévenir et la prendre en charge.

L’activité a été organisée avec la contribution du ministère de la Santé et l’appui financier de la Fondation Gates à travers Enda Santé et KENAYA Impact. Elle s’inscrit dans une démarche de plaidoyer et de mobilisation autour de l’HPP, avec une attention particulière accordée aux sages-femmes, qui occupent une position centrale dans les salles d’accouchement.

L’enjeu est loin d’être négligeable. Selon les données présentées lors de l’atelier, l’hémorragie du post-partum représente environ 30 % des causes de décès maternels au Burkina Faso. Malgré une baisse d’environ 32 % au cours des deux dernières décennies, la mortalité maternelle reste élevée, avec 198 décès pour 100 000 naissances vivantes, alors que la cible des Objectifs de développement durable est fixée à moins de 70 décès pour 100 000 naissances vivantes.

Pour le Pr Alexis Yobi Sawadogo, gynécologue obstétricien et point focal de la lutte contre l’HPP à la SOGOB, cette situation impose de mieux travailler entre professionnels de santé. « Il faut l’appui des sages-femmes », souligne-t-il, rappelant qu’elles sont en première ligne dans la prise en charge des femmes dans les salles d’accouchement.

Pour le praticien, l’atelier constitue également une occasion de rapprocher gynécologues et sages-femmes. « Ça nous permet, nous les gynécologues, de mieux nous rapprocher de nos collaboratrices », explique-t-il. L’idée est de créer davantage de dialogue entre celles et ceux qui interviennent dans la prise en charge afin de mieux répondre aux situations d’hémorragie du post-partum.

Durant les deux jours, les participants ont abordé les conséquences sanitaires, économiques et sociales de l’HPP, la situation de la mortalité maternelle au Burkina Faso ainsi que les moyens recommandés pour prévenir et prendre en charge cette complication. Les échanges ont également porté sur les obstacles et les opportunités liés notamment à la législation, aux ressources et à la formation.

Mais pour la SOGOB, la réponse ne peut pas se limiter aux seuls professionnels de santé. Le Pr Yobi estime qu’une réponse multisectorielle reste nécessaire pour renforcer les politiques publiques et les financements consacrés à la santé maternelle. Il souligne également la nécessité de mieux sensibiliser le grand public et les décideurs sur cette problématique.

L’initiative devrait se poursuivre avec une troisième session annoncée dans la région du Guiriko. Elle concernera notamment les sages-femmes des zones de Dédougou, Banfora, Gaoua et Bobo-Dioulasso. Pour la SOGOB, il s’agit de multiplier ces cadres d’échanges afin de mieux impliquer les sage-femmes dans la lutte contre l’hémorragie du post-partum, présentée lors de l’atelier comme la première cause de décès des femmes au Burkina Faso.

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