Litige foncier : Le bras de fer entre des populations et la SONATUR

 

Le 1er mars 2023, des populations de garghin étaient sur la Route Nationale numéro 6 pour manifester leur mécontentement. Ils avaient ainsi bloqué cette route empêchant l’accès à l’hôpital Tengandogo pour dire non à la décision de la SONATUR qui veut les déguerpir. Le samedi 04 mars 2023, c’est une dizaine de villages de la région du Centre qui se sont retrouvés à la Bourse du travail pour, face à la presse, dénoncer ce choix de la SONATUR qu’ils qualifient d’injuste.

Les villages de Garghin, Balkuy, Sabtouana, Rayongo, Kassonghin, etc, étaient tous représentés. Au nombre des présents, 13 chefs coutumiers et le chef de terre de Sabtouana. Ils ont un seul message : inviter la SONATUR au dialogue, sans quoi, ils feront recours aux pratiques ancestrales pour trancher sur la question de l’appartenance des terres. C’est-à-dire, faire des sacrifices dans ces lieux pour que triomphe la vérité.

« La SONATUR veut nous faire la force. Ils ont fait une descente avec les Forces de l’ordre pour nous obliger à quitter nos terres. Mais nous ne sommes pas d’accord aujourd’hui, nous ne serons pas d’accord demain », a laissé entendre Irisso Nikiema, ressortissant de Garghin. Selon lui, la voie empruntée par l’autorité pour résoudre ce problème n’est pas la meilleure. A l’en croire, la SONATUR les comparent aux terroristes, sans quoi, elle ne serait pas venue avec les forces de l’ordre pour les obliger à quitter leurs terres. Selon son propos, eux, ils ne bougeront pas tout simplement parce que ces lieux sont les leurs. Par ailleurs, les ressortissants disent être ouverts au dialogue. Pourtant, l’autorité est claire. Selon la SONATUR, ce sont des zones occupées de façon illégale où il faut impérativement mettre de l’ordre. A cet effet, une opération de démolition a été annoncée et débutée. Mais les habitants sont débout, ils disent non et dénoncent un coup de force de la part de l’autorité.

Le président d’honneur de l’organisation nationale des syndicats libres (ONSL), Paul Kaboré a été sollicité pour apporter de l’apaisement dans cette affaire. A son tour, monsieur Kaboré entend rentrer en contact avec le ministre d’Etat, Bassolma Bazié, afin qu’il favorise la rencontre avec le ministre en charge de l’urbanisme dans l’effet de trouver un terrain d’entente. “Nous devons nous asseoir et discuter. Parce que cette histoire de déguerpissement avait été supprimée en 1990 et ce n’est qu’en février 2023 qu’ils ont dit aux habitants de déguerpir. Je pense que ce n’est pas normal. On ne peut pas laisser tant d’années après et revenir dire de déguerpir sans pour autant leur donner ne serait-ce qu’un rapprochement pour discuter“, a laissé entendre Paul Kaboré. Pour lui, il n’est pas bien de se battre surtout quand la pluie vous bat. Il promet alors de rentrer en contact avec les autorités concernées dans l’optique de trouver une issue favorable aux deux camps.

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