112e session de la conférence internationale du travail : Le discours de Bassolma Bazié, ministre burkinabè en charge du Travail

 

Discours de Monsieur Bassolma Bazié, ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Chef de la délégation du Burkina Faso à l’occasion de la 112ème session de la Conférence internationale du travail.

(Intégralité)

Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur Général,
Honorables Délégués,
Mesdames et Messieurs,

Veuillez recevoir les salutations distinguées de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Chef de l’Etat.

Le préambule de la Constitution de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), 1919, stipule clairement que « une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale… ».

Cet impératif a été rappelé à la commémoration du centenaire de l’OIT en 2019 en ces termes : « Si tu veux la paix, cultive la justice ».

C’est par foi en ces principes et valeurs de solidarité, de justice sociale et de paix édictés que le Burkina Faso a adhéré de façon souveraine à l’OIT le 21 novembre 1960. De cette date à ce jour, il a ratifié 44 Conventions.

Depuis 2015, une guerre de prédation baptisée terrorisme lui est lâchement imposée pour mieux piller ses richesses.

Face au mutisme presque général de la communauté internationale frisant l’insensibilité voire la complicité de certains Etats, et ayant davantage compris et retenu que la survie, la stabilité, l’épanouissement et le progrès social véritable d’un pays ne découleront pas de tonnages de Conventions ratifiées, encore moins d’une présence artificielle dans une foison d’organisations, le Peuple burkinabè s’est résolument engagé et est déterminé dans une lutte en y consentant les sacrifices à la hauteur du défi historique qui est la conquête de sa souveraineté pleine et entière. Car c’est à cette seule condition que nous vivrons libres et dignes.

Je félicite le Directeur Général du BIT dont le Rapport intitulé « Vers un nouveau contrat social » est non seulement interpellateur, mais aussi et surtout, confirme amplement cette analyse et vision du Burkina Faso. Encore faudrait-il que cela soit compris et vécu dans les faits par les dirigeants du monde en général, et surtout, ceux africains que nous sommes ; car, ce sont encore malheureusement parmi nous dirigeants africains, que certains semblent toujours mal assimiler et assumer les leçons de l’histoire sur la traite négrière, l’esclavage, la colonisation et le néocolonialisme, en continuant de se faire l’illusion suicidaire sur une condescendance d’un maître prétendant les affranchir.

En effet,

● sur les bordures des océans flottent les corps sans vie de nos jeunes africains ;
● dans nos contrées des médicaments sont convoyés pour tuer les patients et non les germes des maladies ;
● des tonnes d’aliments sont déversés sur le continent noir pour rendre malades et infertiles ;
● des Conventions et accords sont signés pour embrigader et aliéner ;
● du chantage vile à travers des financements organisationnels pour tenter d’imposer l’homosexualité à nos Pays ;
● des dirigeants recrutés et entretenus pour être des vrais « négriers de salon », etc.

Et cela se joue jusqu’à la représentation au rabais des Peuples africains dans des instances internationales même en violant les simples principes et règles de décence.

Si l’OIT veut survivre en tant qu’organisme spécialisé de l’ONU, ses mandants tripartites doivent courageusement s’assumer dans le sens plein des valeurs humaines anoblissantes notamment la dignité, l’intégrité et l’honneur.

En attendant, le Peuple Burkinabè a conçu son contrat social prioritaire qui est en cours de mise en œuvre et décliné dans le Plan d’Action pour la Stabilisation et le Développement (PASD) et articulé autour de :

● la sécurisation de l’ensemble du territoire national ;
● la réponse urgente, efficace et efficiente à la crise humanitaire ;
● la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption ;
● l’engagement des réformes politiques, administratives et institutionnelles en vue de renforcer la culture démocratique et consolider l’Etat de droit ;
● la réconciliation nationale et la cohésion sociale et l’organisation d’élections libres, transparentes et inclusives.

C’est désormais et uniquement dans ce sens de conquête de notre souveraineté que les ratifications de Conventions, leur mise en œuvre et notre présence dans des Organisations seront soumises à la décision souveraine du Peuple et non pour complaire ou plaire à qui que ce soit.

Nous saluons d’une part, les Peuples frères du Mali et du Niger avec lesquels nous formons l’Alliance des Etats du Sahel (AES), et d’autre part, l’ensemble des Etats Partenaires dans le monde qui comprennent et solidarisent avec notre peuple dans son combat pour sa souveraineté pleine et entière.

Notre profonde compassion, solidarité et sincères condoléances aux Peuples Iraniens, Russe et Palestinien pour les instants douloureux vécus dans leurs Pays respectifs.

Vive l’Alliance des Etats du Sahel !
Vivent les Peuples en lutte pour leur souveraineté !
Vive le Burkina Faso, pays des Hommes intègres !
Vive l’OIT !

Que Dieu et les mânes de nos ancêtres nous accompagnent !
La patrie ou la mort, nous vaincrons !
Je vous remercie !

Soyez le premier à commenter sur "112e session de la conférence internationale du travail : Le discours de Bassolma Bazié, ministre burkinabè en charge du Travail"

Laissez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.


*

12 + vingt =